La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 26 novembre 2022

Le ministre François  Rakotozafy : au royaume  de l’arbitraire

Par définition, relève  de l’arbitraire tout  ce  qui  de près ou de loin résulte  de l’acte d’une autorité qui s’exerce sans autre règle que le bon plaisir non-motivé et injustifié.  De tels agissements n’ont d’autres limites et fondements que le bon vouloir de celui qui l’exerce. Même si les textes des lois sont très  clairs sur les sujets concernés, on  se  trouve  alors  dans le règne  de l’arbitraire. Alors  que les autorités  censées réguler les  diverses  situations ne  semblent  guère avoir  aucune influence sur  cet  état  de  chose très pernicieux pour les habitants  de  notre pays  en  général et les individus  en particulier. Bref, des compatriotes  sont  envoyés en prison par le  simple bon  vouloir  d’un plaignant  assez  influent  et  riche pour faire pression  auprès  de  n’importe quelle  juridiction.  Que  ceux  qui  en  doutent  aillent vérifier auprès  des  détenus  concernés dans presque  toute l’île.. Pendant ce temps,  des suspects avec  de lourdes  charges  se  retrouvent  dehors, ou  voire même sous  d’autres  cieux à l’étranger. A qui  en  vouloir  alors ?

C’est  trop facile de  toujours  vouloir mettre sur le dos  des  juges qui, il  faut le reconnaître, sont obligés  de se  soumettre à  des injonctions  par  téléphonie mobile et  des instructions  en marge pour  les traitements de  tel et tel  dossier pourri, moyennant  des  versements en  toute discrétion de plusieurs milliards d’Ariary.  Le récent double  assassinat de l’inspecteur  des Impôts et  de la  greffière est un  fait très  révélateur  sur l’existence  des  compromissions en haut lieu, Ce  qui  fait que les investigations s’arrêtent  au  niveau  des boucs  émissaires  sans jamais  remonter  aux  décideurs  haut placés impliqués sans lesquels la libération du  ressortissant  chinois  commanditaire  n’aurait pas  été possible. Ce  genre  de pratique  tend à  se mettre  en place  avec la mise  en place pour  que les hommes  qu’il faut agissent à l’endroit  qu’il  faut pour le  compte  d’une  grosse légume  que  seul le  respect  de l’éthique  journalistique  nous  empêche de  citer nommément.  A noter  que  nos  sources  font partie  du  corps même  de la magistrature déterminée à  ce  que les hautes  autorités  fassent le ménage.  A titre  d’exemple, ils  ont  cité  des noms  de quelques magistrats récemment mutés à  des postes où ils auraient pour mission secrète  de ramasser le maximum  de  « sous »  (les nerfs  de la  guerre) par le  biais  du chantage, des  extorsions  de  fonds et bien  sûr de la  corruption pour  alimenter , paraît-il (le  conditionnel  est  de rigueur),  les  financements  de campagne d’on  ne  sait pas  encore  quel  candidat contre le Timonier  en 2023. On raconte même que cette opération en sourdine  au  sein   des juridictions du ministère  de la  Justice entrerait ( le  conditionnel  est  toujours  de  rigueur)  dans le cadre  de la  reconnaissance du  ventre  de  quelques  anciens membres  du C.E.S  (Cour Electoral  Spécial) nostalgiques au profit  de l’ex-président  Hery  Rajaonarimampianina… Quoi qu’il  en  soit,   en  faveur de Rajao ou  d’un  autre, le mécanisme  se met en place  et la machination  est  vérifiable. Le Timonier  a  intérêt à  faire preuve  de  prudence…

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