La Gazette de la grande ile

Prolifération de drogue dure : Un objet de déstabilisation politique

Publié le 28 novembre 2022

L’injection d’héroïne et la prise de cocaïne sont devenues des pratiques courantes des jeunes Malgaches, notamment dans les bas-quartiers et lors des fêtes organisées par les enfants d’importantes personnalités politiques. La prolifération de ces drogues à Madagascar n’est pas le fruit du hasard, mais un acte volontaire dans un but de déstabilisation politique.

La consommation de drogue dure à grande échelle est un fait récent à Madagascar. Un responsable de la brigade des stupéfiants de la Police nationale affirme que « les jeunes Malgaches ont commencé à consommer de la cocaïne ou de l’héroïne vers 2020 durant le confinement. Auparavant, Madagascar n’était qu’un pays de transit pour ces drogues dures. Les pays consommateurs étaient les îles de La Réunion, Maurice et Les Seychelles, et les pays producteurs sont les pays de l’Afrique de l’Est et du Sud. La drogue ne faisait que transiter à Madagascar. Toutefois, durant le confinement, cela a commencé à se propager. Le but initial, selon notre analyse, était d’inciter les gens, notamment les jeunes, à descendre dans la rue pour manifester contre le confinement. Depuis, ces drogues se propagent davantage et il est très difficile de les contrôler. On soupçonne même qu’il existe maintenant des laboratoires de production de ces drogues à Madagascar ». Une analyse fondée si on se réfère à la réalité. Rappelons-le, c’est en juillet 2020 que deux jeunes ont été appréhendés au parking 67ha en vendant de la cocaïne. A l’époque, c’est un cas isolé, mais très vite les arrestations se sont multipliées. Cet agent des stupéfiants affirme que depuis 2020, ils ont intercepté « pas moins d’une cinquantaine de dealers de drogue dure ». Jusqu’ici, ce ne sont que des revendeurs. Ils sont toujours à la recherche des fournisseurs.

L’héroïne et la cocaïne sont des drogues à dépendance rapide. Un médecin du côté d’Andravoahangy affirme qu’il suffirait de deux prises pour qu’une personne soit devenue dépendante. Une spécificité que les déstabilisateurs ont exploitée. D’après un jeune responsable d’un jeu de Baby-foot à Antohomadinika, « il y a des gens qui distribuent de la drogue dure. Ils fournissent aux jeunes les doses nécessaires pour les faire tomber dans la dépendance. Ensuite, ces jeunes deviennent des drogués à la recherche constante de leur dose journalière. Ils sont prêts à tout pour en avoir. ». Un fait qui a augmenté considérablement l’insécurité, car ces jeunes dépouillent les gens, juste pour avoir de quoi payer leur drogue.

Un agent de police à Antohomadinika affirme que « les voleurs à l’arrachée que nous arrêtons sont de plus en plus jeunes. On les attrape avec des sacs, des trousses ou des animaux volés. Ils sont prêts à tout. On a même attrapé un jeune en train de voler une marmite encore sur le feu. ».

La prix d’une dose de drogue dure varie entre 5.000 et 6.000 ar. Une somme que les jeunes en addiction doivent trouver tous les jours. Le pire, c’est que comme toute addiction, la dose recherchée augmente.

Les premiers signes apparents chez les consommateurs de drogue dure est l’agitation, l’augmentation de l’ego, la recherche de sensation intense, l’indifférence à la fatigue et à la douleur, un sentiment d’intelligence et d’invincibilité, etc… des effets qui ont poussé les déstabilisateurs politiques à propager ces drogues. Cela n’a pas eu l’effet recherché, c’est-à-dire une émeute lors du confinement, mais cela a quand même détruit le quotidien de milliers de jeunes et de toute leur famille, car l’addiction à la drogue détruit des vies.

Madagascar est devenu un pays consommateur de drogue dure. Plusieurs cargaisons de drogue dure ont été interceptées par les forces de l’ordre ces deux dernières années. Rappelons le cas des 600 kilos de cocaïne interceptés dans un conteneur à Tamatave le 3 novembre 2021.

Actuellement, le nom « Rôrô » pour désigner la cocaïne et l’héroïne à injecter est ancré dans le langage du quotidien. Une réalité qui se vérifie par l’augmentation considérable de l’insécurité.

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