La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 28 novembre 2022

Au profit de Marc Ravalomanana : SADC « Go home »

Au début de l’année 2009, une lutte populaire légitime dirigée par le groupement de la Révolution Orange, a chassé du pouvoir le patron  d’un  empire industriel qui s’est autoproclamé président de la République. Une communauté  visiblement partisane,  favorable à Marc Ravalomanana, Chef d’Etat  déchu, sous le  couvert  d’une médiation internationale  tendancieuse, se livre à  différents  harcèlements diplomatiques  pour   mettre en  difficulté le  fonctionnement d’un régime de  transition, avec l’espoir secret  d’assurer le  retour  aux  affaires de  celui  qui  était  en  exil  en  Afrique  du  Sud. Jusqu’en 2010, où la  Constitution de la 4ème  République devrait permettre le processus  institutionnel normal,  notre pays  a  été d’une capitale à l’autre  du  continent  africain,  la  risée de  tous. Et pour cause, les prétentieux médiateurs faisaient  traîner  en  longueur les  négociations dans le  but toujours  d’écarter le  tombeur, celui  qui pendant  7 ans de malheur,  avait abusé  des prérogatives étatiques pour  la prospérité de son empire industriel TIKO. A noter que le début des pillages  des  agences  de la  Banque  Centrale en province, l’exportation  illicite des  bois  de rose  et  des richesses minières les plus précieuses,  ont pris  un  essor avec les  TIKO-BOYS parachutés à  Dubaï  et à des places  fortes  de la  haute finance d’Asie…

Echaudés par  ce passé manipulé au profit  du mercantilisme international et une mondialisation  effrénée sur  fond  d’exploitation des ressources pétrolières, les  observateurs  nationaux  craignent  au plus  haut point  que ce  débarquement  d’une  délégation  du  SADC  ne  soit le préalable d’une vision  géopolitique tournée vers les  ressources non  encore exploitées du Canal de  Mozambique. Parce  que derrière les prétextes visiblement  fallacieux  des  soucis  et préoccupations politiciennes purement malgaches,  ces visiteurs  indésirables  cachent mal  des  stratégies  d’ingérence en faveur d’une opposition minoritaire et sans aucun chef charismatique valable. Dans la classe politique dirigeante, on ne  cache pas  du  tout la méfiance. C’est  prématuré de la part  d’étrangers  de  se mêler  des  affaires électorales d’un pays  souverain, alors que dans le  continent  voisin, les responsables  de SADC ne sont même pas capables  de calmer les  ardeurs putschistes des militaires  de  chez eux.  Sauf dans les milieux des obsédés  du pouvoir, frustrés d’avoir  été les perdants  des  dernières consultations  électorales, le public  voit mal  cette intrusion  des  étrangers  dans  nos  réalités  nationales.

Pour la majorité  de l’opinion, c’est abuser  des  relations internationales que  de débarquer  de la  sorte  jusqu’à mettre leur  nez  dans notre vie politique.  Devant la fureur que soulève cette présence non désirée par la masse, les gens  se  retiennent  tout juste et sont  sur le point  de signifier publiquement à  ces  intrus  de rentrer  chez  eux « Go home » où ils ont  d’autres  chats  sauvages à  fouetter. C’est  tout  juste si les  graffitis « GO HOME » ne sont pas inscrits sur les murs  des hôtels où ils  logent. En coulisse, il serait même question de manifester publiquement une hostilité légitime contre cette présence hautement intéressée au profit des arrière-pensées économiques perverses et  dominatrices

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