La Gazette de la grande ile

Greffiers grévistes : Retour de flammes

Publié le 28 novembre 2022

Les greffiers ayant participé à la longue grève qui a paralysé les tribunaux sont mécontents de la suspension de leur rémunération a posteriori. On peut comprendre leur frustration mêlée de colère. Toutefois, ils devaient s’attendre à cette sanction dont ils contestent la légalité. Les greffiers grévistes sont mal placés pour invoquer l’illégalité de la sanction. La rémunération est la contrepartie du travail. Pas de travail, pas de rémunération. Les grévistes ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Ce sont eux qui ont tourné le dos à la loi et se sont montrés inflexibles en refusant obstinément la mise en place d’un service minimum, en violation de l’article 33 de la Constitution qui dispose que « le droit de grève est reconnu sans qu’il puisse être porté préjudice à la continuité du service public ni aux intérêts fondamentaux de la Nation. » Le temps de la parenthèse enchantée de la grève, les greffiers ont la naïveté de croire qu’ils pourraient aisément renverser les rapports de domination. Investis d’un sentiment de toute-puissance, ils ont foncé dans le mur avec enthousiasme et le sourire aux lèvres. Inconscients du retour de flamme pourtant prévisible, ils ont ignoré le tort causé aux justiciables lorsqu’aucun service minimum n’est assuré. Après avoir engagé des frais, de nombreux justiciables ont trouvé des portes closes au tribunal alors qu’ils étaient venus de loin. A présent, les greffiers grévistes craignent de se retrouver sans le sou à l’approche des fêtes de fin d’année. Ils n’ont qu’à se retourner vers ceux qui les ont manipulés.

M. GASPARD

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