La Gazette de la grande ile

Madagascar : Cherche désespérément son leader

Publié le 28 novembre 2022

La loi de finances initiale pour 2023, en ligne avec le plan émergence de Madagascar, semblerait-elle, est approuvée par l’Assemblée nationale sans amendement. Mais les Malagasy, majoritairement ruraux, s’enfoncent de plus en plus dans la pauvreté totale sans soutien budgétaire adéquat pour le développement de leurs petites exploitations agricoles. Madagascar, le pays des Malagasy, est gouverné par des gens incompétents pour une bonne gouvernance et l’intérêt général ; Madagascar est totalement en régression morale et politique. Il reste encore un an avant l’élection présidentielle. C’est encore long, il faut pouvoir tenir les différents chocs à venir, car c’est une sorte de mafia qui préside aujourd’hui aux destinées des Malagasy : c’est un club qui est prêt à tout pour garder le pouvoir et mettre la main sur toutes les richesses du pays. Ça suffit ! Madagascar a besoin d’un « leader » que le pays mérite dans ce monde en perpétuel changement, mais pas d’un simple Petit Timonier, expert en business d’animation de foule, de communication et de vente de bavardage.

 

Le 21 janvier 2019, le Petit Timonier déclarait devant Jeune Afrique, je cite : « Nos objectifs sont clairs et ont été rendus publics. Nous voulons, entre autres, doubler la production d’électricité et atteindre l’autosuffisance en riz. » Pendant quatre années, Madagascar fait face à une famine énergétique générale. Toutes les villes souffrent de délestage sans fin. Madagascar accuse un retard significatif en matière d’électrification comparé à d’autres pays d’Afrique Subsaharienne. Notre société nationale, la JIRAMA sans direction générale, en mode subventionné continue à perte, est la vache à lait des hommes du pouvoir ; Elle n’arrive plus et n’arrivera jamais à satisfaire les besoins si bien que seuls 14 -15 % de la population ont accès à une offre d’électricité très médiocre. Si les besoins énergétiques non satisfaits de notre beau pays sont déjà énormes, la demande future sera encore plus importante à mesure que la population augmentera. Et Madagascar ne disposerait pas suffisamment d’énergie pour améliorer la qualité de vie des Malagasy et alimenter la future industrie. En août de cette année, le Petit Timonier a obtenu le trophée de « Champion de l’industrialisation en Afrique », par l’ONUDI alors que le dernier rapport conjoint (nov. 2022) de l’Onudi et de la BAD ne mentionnait même pas Madagascar parmi les trente meilleurs pays qui ont progressé industriellement en Afrique au cours de ces quatre dernières années. Avec cette famine énergétique, il est illusoire de penser attirer de vrais industriels malgré le dernier show de novembre dernier sur les opportunités d’investissement du Petit Timonier et les objectifs de développement du secteur privé de la loi de finances 2023 – Pas d’énergie, pas d’industrie -. Ça suffit ! On doit impérativement changer, Madagascar a besoin d’un « leader » que le pays mérite dans ce monde en perpétuel changement, mais pas d’un simple Petit Timonier, expert en animation et en communication !

En janvier 2019, le gouvernement du Petit Timonier a promis l’autosuffisance en riz pour l’année 2020 et une exportation de riz à l’horizon 2030″. Depuis janvier 2019 jusqu’à maintenant, Madagascar n’a fait que recourir à davantage d’importations de riz pour subvenir aux besoins des Malagasy. Quatre années plus tard, avec ses plus de 1.3 million d’hectares de terres cultivables en riz, Madagascar n’arrive pas encore à une autosuffisance en riz. Le Petit Timonier considère les Malagasy comme des simples consommateurs de sa politique perverse. Il a importé 200.000 tonnes de riz en moyenne par an au cours de ces quatre dernières années. Depuis janvier 2019, il n’a même pas mentionné, même une seule fois, une politique de diffusion d’une technique agricole adaptée aux petites exploitations occupant la majorité de la population malagasy, une technique qui aurait pu mobiliser le potentiel d’accroissement de la production rizicole des zones productrices ; depuis 2019, Madagascar n’a jamais pris de mesures concrètes pour orienter clairement des ressources adéquates vers le développement agricole. On n’a même pas entendu un seul mot pour l’agriculture de la part de Madame la Ministre des finances et de l’économie lors de sa présentation de la loi de finances 2023. Depuis janvier 2009, « Autosuffisance en riz du Petit Timonier » voudrait dire « importer du riz ou donner les terres aux grands multinationaux ». Ça suffit, on doit impérativement changer, Madagascar a besoin d’un « leader » que le pays mérite dans ce monde en perpétuel changement, mais pas d’un simple Petit Timonier, expert en animation et en communication !

Le 21 janvier 2019, le Petit Timonier déclarait devant Jeune Afrique sur la lutte contre la corruption : « Je pratiquerai la tolérance zéro. Tous ceux qui, corrupteurs ou corrompus, citoyens lambda ou hommes d’affaires, proches du pouvoir ou opposants, franchiront la ligne rouge, seront impitoyablement sanctionnés ». Depuis, malheureusement, Madagascar est infecté par tous les virus du mal à tous les niveaux de nos institutions républicaines dans l’impunité totale, sans foi ni loi : le virus « corruption » en premier – détournement de deniers publics, trafics de nos ressources naturelles, elle est devenue un problème permanent à tous les niveaux à Madagascar. Aucun secteur n’est à l’abri, mais il est le plus répandu lorsqu’il s’agit de la justice, de la gendarmerie, de la police, des impôts, des douanes, des terres et de l’industrie minière. En plus de la corruption devenue endémique, la mauvaise application de la démocratie, la mauvaise gouvernance, le trafic illicite en tous genres – trafic humain, drogue, blanchiment d’argent – sont autant de maux, de virus qui mettent à mal notre développement. Depuis janvier 2009, la « tolérance zéro du Petit Timonier » voudrait dire l’application de différentes exactions comme norme de gouvernance dans toutes nos « institutions républicaines ». Ça suffit ! On doit impérativement changer, Madagascar a besoin d’un « leader » que le pays mérite dans ce monde en perpétuel mouvement, mais pas d’un simple Petit Timonier, expert en animation et en communication !

Zaza R.

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