La Gazette de la grande ile

Mamimbahoaka : Qui acceptera son héritage ?

Publié le 28 novembre 2022

 Qui acceptera de se sacrifier pour réparer les dégâts causés par Mamimbahoaka et remettre le pays sur les rails ?

Après Marghe sur « The Voice », Anisha est donc la gagnante de la Star Academy! « Un message d’espoir, de courage aux enfants en difficulté…dans mon pays, à Madagascar, où tous les enfants n’ont pas accès à l’éducation » a-t-elle dit. Bravo Anisha qui a su rendre un peu de fierté aux Malagasy !
C’est Mamimbahoaka qui a tiré le premier « Son choix d’Alléluia prouve qu’avec la Foi rien n’est impossible pour atteindre son rêve et tracer son destin ». Une paraphrase de « Minoa fotsiny ihany », mettant de côté Jacques 2 : 20 « La foi sans les œuvres ne sert à rien ».

Mailhol n’a pas voulu être en reste « En tant qu’adepte de l’Eglise Apocalypse, reçois mes félicitations ».

Tout le monde veut voler au secours de la victoire. Mais malgré tout, félicitations largement méritées à Anisha qui a non seulement la foi, mais surtout le talent et a réussi grâce à un travail acharné, même sans aucune aide du gouvernement malagasy.

Notre ministre cyclope à roulettes préfère utiliser les moyens de l’Etat pour recevoir en grandes pompes à Morondava, Fetrale sosie de Mamimbahoaka, qui n’a même pas gagné le Kopi Kolé. Tout comme l’a fait Betaintsofina.

Mais descendons de notre nuage et revenons sur terre. Allons affronter les dures réalités du quotidien des Malagasy. Le constat est clair et semble ne plus souffrir de contestations : rien ne va plus à Madagascar et bientôt, il ne restera même plus de miettes à ramasser. Mamimbahoaka ne pense qu’à sa réélection et ne semble pas du tout conscient de la situation catastrophique dans laquelle il mène le pays.

Arrêtons-nous pour l’instant aux domaines régaliens qui relèvent directement de lui, comme la sécurité.

Madagascar n’a jamais atteint, durant ces soixante années d’indépendance, le niveau d’insécurité actuel sur toute l’étendue du territoire. Mêmes les morts ne peuvent plus reposer en paix, et on va jusqu’à profaner et piller des tombes, comportement contraire à la coutume malagasy de respect des morts et du culte des ancêtres.

Comment comprendre le SEG qui ne fait que s’indigner froidement contre la prolifération des armes et l’existence de blanchiment de ces armes illégales comme ces 300 fusils à pompe saisis en 2014 au port de Toamasina, ou la cinquantaine d’armes à feu illégalement importées et saisies à Fianarantsoa ? Des trafiquants avaient déjà tenté en 2018 de faire entrer à Ivato 600 fusils. Qu’a-t-on fait de ces saisies, où sont et qui détiennent actuellement ces Dominion Arms Grizzly Mag ou ces Dominion Cougar, communément appelés fusils à pompes dont parle le SEG?

Lors de la perquisition chez Paul Rafanoharana dans l’affaire Apollo 21, un fusil à pompe saisi a été montré à la télévision. Les enquêteurs ont-ils profité de cette occasion pour retracer l’origine de cette arme et comment elle s’est retrouvée au domicile de ce Paul Rafanoharana ?

Le SEG s’est plaint du fait que certains juges restituent des armes saisies, contrairement aux dispositions légales. Et cela s’arrête là ? Aucune investigation supplémentaire, ni sanction contre ces juges ?

Ou le SEG en a trop dit, ou il n’en a pas dit suffisamment. Il ne peut pas faire comme Ponce Pilate, s’en laver les mains et « refiler le bébé » à d’autres. Les saisies à Toamasina et Fianarantsoa dont il a parlé se sont déroulées au moment où il était colonel responsable des circonscriptions de la gendarmerie de ces régions.
Il dit assainir au niveau de la gendarmerie, mais c’est également sa responsabilité de le faire dans tout le pays. Ce faisant, il mériterait mieux ses 4 étoiles plutôt que d’être resté plusieurs heures dans l’eau lors d’un accident d’hélicoptère, dont on ne connaît toujours pas les tenants et aboutissants.

Le général à la retraite, Jean EmileTsaranazy, avait dit la semaine dernière sur une chaîne de télévision que des armes de guerre ont été importées illégalement en 2018, et qu’on les avait exhibées pendant la cérémonie d’investiture de Mamimbahoaka et le défilé militaire du 26 juin 2019. Tout comme en 2002, les « Zanadambo » avaient utilisé des armes de guerre illégales. Aucune enquête n’aurait été diligentée jusqu’à présent et il ne s’étonne pas de la prolifération actuelle. Ce général est même allé jusqu’à dire que les dirigeants actuels protègent les auteurs de cette prolifération. Ce général à la retraite va-t-il être bientôt poursuivi pour dénonciation calomnieuse ou pour diffamation ?

C’est une grave accusation, mais il n’y aura probablement aucune suite.
Et la situation va de mal en pis. Cela donne froid au dos lorsque le SEG dit que ces armes sont à l’origine de la mort de 1 880 citoyens malagasy.
Tant que l’insécurité règnera et que la population n’aura pas confiance en la Justice, aucun programme de développement ne sortira Madagascar de l’ornière.
Et le cas d’Ikongo en est le parfait exemple. Les gens ne veulent plus planter, car les voleurs de récoltes sur pied pullulent. Ces paysans disent que lorsqu’ils arrivent à en attraper, la justice les relâche quelques temps après. Au point que les hommes de cette contrée sont partis travailler ailleurs, laissant femmes et enfants sans ressources se débrouiller par eux-mêmes.

Hier, Mamimbahoaka est allé se pavaner à Manakara, mais snobera probablement Ikongo.
3 mois après le drame, il n’y a toujours pas de procureur à Ikongo. Donc pas d’enquête au niveau du parquet. Selon le député Brunelle, la population n’a aucune confiance aux résultats des enquêtes menées par la gendarmerie et la police, car ils sont juges et parties. Il a même ajouté « Que ce soit clair : cette affaire est une affaire criminelle et politique en même temps. Si le régime en place ne veut pas aller dans le sens de la justice, les victimes du district d’Ikongo pourront encore réengager la poursuite après l’élection présidentielle de 2023 parce que l’action publique ne se limite pas au mandat présidentiel actuel ».
Ce député, fidèle de Mamimbahoaka, ne semble plus compter sur son champion et sous-entend même qu’il ne sera pas réélu. Il semble penser que cette affaire d’Ikongo ne sera pas éclaircie par le pouvoir actuel et il compte sur le prochain Président pour la résoudre.

La Gazette n’a soulevé que l’insécurité et la Justice, mais si on fait le tour des autres départements ministériels, rien ne marche plus. Regardez par exemple le dernier couac concernant le vote de Madagascar à l’ONU.

Voyez les importations d’éléphants, de girafes ou de zèbres, dispensées de TVA dans la loi des finances qui vient d’être votée par l’Assemblée nationale. Et aucune disposition similaire pour les importations d’intrants agricoles !

Le comité central n°44 du FFKM s’est basé sur Jérémie1 :10 « Vois, Je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et abattre, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter ».https://www.cjoint.com/c/LKAuKceIqMX
Le FFKM veut continuer les actions de réconciliation nationale en s’appuyant sur les 4F “Fiaiken-keloka, Fibebahana, Fahamarinana, Fihavanana” (Confession des péchés, Repentance, Vérité et Communion). Mais n’espérons pas trop du FFKM.
Le FFKM doit se cantonner à ce qu’il sait faire « prêcher » et on ne peut pas compter sur lui pour autre chose. Même dans son domaine, on ne peut pas dire que ses actions soient efficaces, au vu de la multiplication des adeptes de nombreuses sectes ou de l’islamisme à Madagascar.

Pour ce qui est « d’arracher et abattre, détruire et démolir », Mamimbahoaka s’en est déjà chargé.

Quant à « bâtir et planter », c’est une autre dimension qui n’est pas à la portée du FFKM et il faut préalablement préparer le terrain.

Si on va aux élections comme si de rien n’était, que Rajoelina ou un autre soit élu, Madagascar va au-devant d’une nouvelle crise politique. On ne peut pas planter ou reconstruire sur du sable.

Remplacer un mauvais chauffeur par un bon conducteur ne suffira pas. Il faut préalablement réparer la voiture, sinon Madagascar continuera à s’enliser.

Alors, qui sera assez téméraire pour ne pas dire assez fou, mais surtout apte pour essayer de remettre ce pays sur les rails, juste réparer d’abord la machine?
Il faudrait préalablement revenir aux fondamentaux, avoir une nouvelle gouvernance et remettre de l’ordre dans l’administration. Revoir les listes électorales ne suffira pas.

Il est clair que l’état lamentable dans lequel se trouve notre pays exige que la population ne soit plus le cobaye d’apprentis sorciers improvisateurs, car il faut pouvoir casser très rapidement la spirale descendante et redonner un nouvel espoir aux Malagasys.
Allons-nous trouver des kamikazes qui accepteront de se sacrifier pour cette bonne cause ?

Ce serait le meilleur cadeau de Noël à offrir aux Malagasy à qui il faut rendre Madagascar. (Madagascar aux Malagasy !).

La Gazette

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