La Gazette de la grande ile

Regard porté sur les représentations diplomatiques : Un paradoxe flagrant

Publié le 30 novembre 2022

Quand il s’agit de demander de l’aide pour financer même une rocade Iarivo, un boulevard de l’Europe, un boulevard de Tokyo ou parfois même pour équiper des ministères d’ordinateurs ou de caméras ou même pour donner des formations à des fonctionnaires malgaches, les représentants étatiques et les hauts responsables de ce pays applaudissent à deux mains et félicitent l’apport, la collaboration et la coopération qui ont permis d’obtenir des États étrangers à travers leurs représentations diplomatiques étrangères, ces aides et appuis. Parfois, les représentants étatiques ne citent pas ces États étrangers, mais ramènent tout à eux. On entend parfois au cours de leurs discours les remerciements en veux-tu en voilà que ces responsables de l’Exécutif ou représentants des collectivités territoriales adressent aux ambassades, appelées à cet instant précis Partenaires techniques et financiers. Tous les ministères, tous les organismes rattachés et autres ont à un moment donné, sinon très souvent, demandé l’aide de ces chancelleries étrangères. Tous étaient contents de pouvoir suivre une formation et surtout découvrir les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne. Dans les hautes sphères de l’Etat aujourd’hui, des personnes comme le secrétaire général du gouvernement ou le secrétaire général adjoint à la Présidence, avaient bénéficié de la bourse du gouvernement français après sélection pour pouvoir suivre une formation d’un an à l’ancienne École Nationale d’Administration en France. Tous ces hauts responsables de notre pays, et ces institutions de notre pays à un moment ou un autre, se sont mis à rédiger un TDR, à présenter un plan d’on ne sait quoi et obtenu de l’argent, parfois des voitures, des infrastructures grâce à l’appui de ces États étrangers et donc grâce aussi aux impôts que versent les citoyens de ces États ! Même des bornes fontaines ou des toilettes, et surtout des routes, les hauts responsables demandent, quémandent auprès de ces chancelleries étrangères. Madagascar cherche même des financements auprès de ces pays étrangers de l’aide pour organiser les élections, et pourtant les candidats ont des trésors de guerre, énormément d’argent à distribuer lors des propagandes. L’Etat malgache demande de l’argent à tout ce beau monde, ambassades, PTF, organismes régionaux, institutions internationales pourtant pour organiser les élections.

Quand les ambassades organisent quelque chose et quand les hauts responsables sont invités, ils ne manquent pas d’y aller. On se souvient de la sortie médiatique d’une des plus mauvaises ministres de l’enseignement supérieur – selon les enseignants d’université, Blanche Nirina Richard, qui au moment de la fuite de sujets du Baccalauréat, était à une célébration festive à l’ambassade d’Allemagne et avait dit aux journalistes qu’elle n’allait pas répondre aux questions relatives au Baccalauréat. Il y avait plus important pour elle à cet instant précis : assister à l’événement à la villa Berlin ! C’est dire l’importance que les dirigeants donnent à ces chancelleries étrangères. Pourquoi alors les comptes Fake surtout, derrière qui se cachent des tenants du pouvoir, s’offusquent des déclarations et prises de position des différentes représentations diplomatiques ? Pensaient-ils que ces représentations diplomatiques auprès de qui les autorités malgaches quémandent, car c’est bien cela le terme, allaient se taire quand il s’agit d’une organisation internationale qui est aussi appuyée par elles ou qui a des antennes dans leurs pays respectifs ? C’est puéril de penser que les représentations diplomatiques font de l’ingérence, exactement comme lorsque certains tiennent des discours à la limite qui frise la xénophobie tout en faisant des pieds et des mains pour avoir l’aide de ces États étrangers à travers leurs ambassades.

C’est se mettre des œillères que de penser que ces représentations diplomatiques allaient se taire quand ils voient que les slogans utilisés et pour lesquels l’Etat demande de l’argent pour réaliser des projets et atteindre les ambitions ne sont que du pipeau. Il ne faut pas oublier que tant qu’on quémande il y a toujours au minimum une contrepartie… La solution serait d’être réellement indépendant, mais pour ce faire, que chacun fasse correctement son travail, que la bonne gouvernance soit une réalité et que le train de vie des dirigeants détenteurs de pouvoir soient revus à la baisse… mais cela, c’est trop demander aux dirigeants.

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