La Gazette de la grande ile

Accès à l’eau et l’assainissement : Des taux très bas

Publié le 03 décembre 2022

Le taux d’accès à l’eau potable est de 48%, selon le ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, Fidiniavo Ravokatra, hier à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du salon national de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène à Mahamasina. « Le besoin de financement se chiffre, rien que pour l’année 2023, à 328 millions de dollars (1,4 billion d’ariary) pour augmenter le taux d’accès à l’eau potable de 48 à 60% et le taux d’assainissement de 32 à 37% », souligne-t-il. Mais le vrai souci a toujours été la gestion de l’eau, affirme le député Brunelle Razafitsiandraofa qui a représenté la présidente de l’Assemblée nationale.

Ces chiffres divergent beaucoup de ceux de la présidence de la république si l’on ne parle que du taux à l’assainissement. « Seulement 12,3% de la population ont accès à l’assainissement », d’après un communiqué conjoint de la Banque mondiale et de la Présidence à la date du 15 juin 2022. Le ministère essaie-t-il juste de nous embobiner ou des efforts non négligeables ont été effectués en moins de six mois ? Cela est peu probable, sachant que seulement 187 compartiments ont été construits en termes d’infrastructures d’assainissement public, bénéficiant à 526 831 personnes, ces derniers mois.

En matière d’accès à l’eau potable, 3 479 points d’eau, bénéficiant à 526 831 personnes auraient été instaurés ces derniers mois, selon toujours le ministre Fidiniavo Ravokatra. Au total, une personne sur deux aurait accès à l’eau potable dans le pays. « La route étant longue, les objectifs étant ambitieux pour garantir l’accès de toute la population aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène, l’aspect investissement est ainsi primordial », indique le ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Le salon national de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène avait en effet l’objectif d’inciter l’investissement du secteur privé.

Toutefois, les conditions ne sont pas favorables pour les investisseurs. « Le secteur privé s’y engage si les conditions sont favorables relativement aux projets d’investissement de construction et gestion d’un système d’alimentation en eau potable. Permettez-moi de déplorer le délai interminable qui, légalement est de 45 jours pour la validation par le pouvoir central de nos contrats sur lequel aucun travail ne peut être entamé. Nous estimons que le règlement de ce problème est primordial pour instaurer un climat de confiance et un climat favorable serein pour le secteur privé », insiste Gérald Razafinjato, président de l’association des opérateurs privés distributeurs d’eau de Madagascar qui a représenté le secteur privé, dans son allocution.

En outre, le secteur privé a affirmé ses souhaits d’allégement fiscal dans l’octroi des matériels et de divers équipements indispensables dans la mise en place des infrastructures d’eau et d’assainissement « qui constitue un facteur de blocage en termes d’exécution des travaux ». Le Fonds de Nations Unies pour l’enfance (Unicef) a aussi insisté sur l’amélioration du climat d’investissement. L’Unicef qui estime que le secteur eau et assainissement est un vrai défi à Madagascar.

Aina P.

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