La Gazette de la grande ile

Précision – Suspicion de viol à Morondava : Le Consul Général d’Espagne et non le Consul Honoraire qui a effectué les diverses interventions

Publié le 05 décembre 2022

Suite à nos articles en malgache et en français, le 25 novembre dernier, sur la Suspicion de viol à Morondava, le Consul Général d’Espagne tient à faire la précision ci-après.

Rappel des faits

Le corps inanimé d’un petit garçon de 6 ans a été retrouvé dans la piscine de l’hôtel LAGUNA Beach Morondava, le dimanche 6 novembre 2022.

La famille a amené le corps de l’enfant au CHRR (Centre Hospitalier de Référence Régionale) Namahora Morondava pour tenter de le réanimer. Malheureusement, à l’arrivée à l’urgence du CHRR, un médecin a déclaré que c’est un cadavre en dépôt par suite de noyade selon les dires de son frère qui l’a amené à l’hôpital. Par la suite, le médecin du CHRR a dit à la famille de l’amener au Médecin Inspecteur pour la déclaration de décès (car c’est la procédure adoptée jusqu’à maintenant). Le Médecin inspecteur a désigné un autre médecin pour le faire à sa place, car il n’était pas présent sur place et le premier certificat de décès faisait état d’une mort par noyade.

À leur domicile, la famille a procédé au lavage du cadavre et a pu constater que son anus était béant, ce qui leur a fait penser que c’était un viol. C’est la raison pour laquelle la famille l’a ramené de nouveau au CHRR. C’est cette observation hâtive non fondée scientifiquement par MANQUE DE MÉDECIN LÉGISTE qui aurait dû apporter une explication médicale sur le relâchement sphinctérien après la mort, cause probable de la béance passagère de l’anus lors du processus normal de l’évolution des cadavres et les méconnaissances qui ont poussé la famille à porter plainte pour viol.

Suite à cette plainte, l’enquête de la police après visualisation des caméras de surveillance a abouti à l’arrestation de l’Espagnol vieux de 78 ans avec 3 autres personnes y compris la Directrice de l’hôtel.

Puis le tribunal de Première Instance de Morondava a procédé à l’émission de l’ordonnance réquisitionnant le Chef d’Établissement du CHRR à réaliser l’autopsie du cadavre tout en précisant la présence obligatoire des 2 membres de la famille, des 2 Officiers de Police Judiciaire (OPJ) et de l’Huissier de justice, pour éviter les rumeurs qui pourraient être émises après l’autopsie, si l’autopsie serait réalisée par le personnel médical seulement. Ils y ont procédé le 11 novembre 2022 avec un infirmier anesthésiste et les membres de la famille qui étaient au nombre de huit au lieu de deux dans la salle, empêchant la présence directe du Chef d’établissement dans les champs opératoires. À cause de l’insistance et de la curiosité des membres la famille à assister à la réalisation de l’autopsie, le Chef d’établissement n’était pas présent, mais les OPJ et l’Huissier de justice y étaient.

Tout examen fait en respectant le cadavre et en suivant les règles de l’art, le médecin a remis le résultat à l’huissier et a donné aussi deux prélèvement à faire analyser à l’IPM (analyse toxicologique buccale et du contenu gastrique et analyse cytologique pour le prélèvement anal et péritonéal).

Résultats de l’autopsie du 11 novembre 2022 : « Rien à signaler, cause de la mort : asphyxie »

La famille n’a pas envoyé à l’IPM (Institut Pasteur de Madagascar) les prélèvements, on ne sait pour quelle raison.

Vérification de l’arrivée et présence des prélèvements à l’IPM suite à l’autopsie du 11 novembre 2022 à Morondava faite par l’équipe de l’Ambassadeur d’Espagne : aucun prélèvement depuis Morondava par suite de l’autopsie du 11 novembre 2022 à l’IPM jusqu’à ce jour.

Faits divers et troubles

Lors de l’enterrement du défunt, des rumeurs circulaient qu’il y avait trafic d’organes et quelques membres de la famille ont procédé à une dissection du cadavre illégalement avant l’enterrement et ont affirmé à leur tour le manque de quelques organes y compris un rein, selon leur observation. C’était d’ailleurs l’origine d’un trouble public provoquant une deuxième visualisation avec le Préfet de Morondava, les autorités et forces de l’ordre avec les membres de la famille et les personnes leader du trouble avant l’enterrement. Heureusement que le Préfet a amené avec lui des experts militaires et civils en multimédia affirmant qu’aucune séquence des vidéos n’avait été enlevée ni effacée et que tout est enregistré sauf quelques caméras qui sont visualisables uniquement par le Propriétaire de l’hôtel qui habite à La Réunion.

Le Consul général de l’Espagne lors de son passage à Morondava a demandé pourquoi la responsabilité de garde de l’enfant n’est pas engagée (sa tante et ceux qui sont chargés de sa garde, son frère et autres membres de la famille qui étaient présents à la piscine le jour du drame).

Le Préfet de Morondava aussi partage le même avis (Pourquoi le Procureur n’a pas engagé la responsabilité des gardes de l’enfant décédé)

L’Espagnol suspecté

L’Espagnol suspecté d’avoir commis le viol est un vieil homme de 78 ans qui prend quotidiennement des médicaments contre la vessie instable et des antidépresseurs et qui se déplace en canne momentanément.

Il était vu aux caméras de surveillance discutant longuement avec la victime dans la piscine et l’une des personnes suspectées en dehors de la piscine.

Il est incarcéré malgré le témoignage de ses compatriotes qu’il n’a jamais quitté le groupe après avoir quitté la piscine et le résultat de l’autopsie affirmant qu’il n’y avait pas eu de viol, quitte à attendre le résultat des prélèvements que la famille n’a jamais envoyé à l’IPM.

Dernière nouvelle émanant du tribunal de Morondava :

  •  L’enquête de fond est déjà faite.
  •  Le procès sera pour l’année prochaine.

Points à améliorer pour notre « Système de Santé »

  • Les cadavres en dépôt quelles que soient les causes du décès (Accident, noyade ou autres) doivent être examinés par un médecin légiste et si possible en présence des OPJ avant d’être remis à la famille au lieu de les renvoyer au médecin inspecteur pour le diagnostic de décès.
  • Construire et mettre en place un BMH à Morondava et dans toutes les autres grandes villes de Madagascar qui sont des chefs-lieux de région. Depuis la pandémie du COVID-19, l’inexistence de cet établissement dans la ville a causé des problèmes.

Par conséquent,

La famille de la victime a porté plainte contre le médecin qui a fait l’autopsie en disant que certains organes ont disparu et que la famille n’a pas confiance en l’autopsie réalisée le 11 novembre 2022. Pourtant, aucune autorité n’a été mobilisée face à l’exercice illicite et illégal de la fonction médicale (la dissection et autopsie réalisée par la famille avec les amis et membres de la famille eux-mêmes).

Bref, voilà la situation par rapport à cette affaire qui d’ailleurs est toujours en cours. Également, nous avons été induits en erreur, mais c’est le Consul Général d’Espagne et non le Consul Honoraire qui a effectué les diverses interventions à Morondava. Les répercussions et retombées ? Qui vivra verra.

Recueillis par La Gazette 

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