La Gazette de la grande ile

Andry Rafototra : beaucoup de werawera, trop peu de certitude

Publié le 06 décembre 2022

Andry Rafototra, un surnom bien approprié pour notre cher Président de la république, car depuis le début de son quinquennat en 2018, il est passé maître dans l’art de poser la première pierre pour divers projets. Effectivement, l’activité favorite du champion est le « werawera ». La dernière en date est la pose de la première pierre pour le commencement de la réalisation du projet de la première autoroute de Madagascar reliant Antananarivo et Toamasina à Talata Volonondry le 3 décembre dernier. Par peur de ne pas être suivi par le peuple, Rafototra amène avec lui plusieurs artistes pour animer une grande fête pour l’évènement. Un manque de confiance flagrant.

Le plus ridicule est que depuis un peu moins de quatre ans, le Président multiplie les inaugurations, même pour des projets réalisés par l’ancien régime (celui de Rajaonarimampianina). La plupart du temps, Mamimbahoaka pose la première pierre sans pour autant garantir la réalisation et la finition des travaux. Prenons l’exemple de la construction de la voie rapide reliant le port de Toamasina à la route nationale numéro 2. La pose de la première pierre a été faite au mois d’avril 2019 et la réalisation du projet est censée être faite dans les 24 mois qui suivent la pose de la première pierre. Une route de moins de 10 kilomètres pour une réalisation de deux ans ? C’est quand même surprenant. Si la réalisation d’une construction de route de 9,686 kilomètres dure 24 mois, celle de la construction de la première autoroute de Madagascar à 260 kilomètres de long durera une éternité. L’opinion publique se demande si l’Etat a une volonté réelle de terminer les travaux ou si c’est seulement de la poudre aux yeux pour inciter le peuple à le réélire pour un nouveau mandat présidentiel. Les tendances actuelles de l’opinion tendent plutôt vers la seconde hypothèse.

Avec tous ces déplacements à l’étranger, Andry Rafototra devient lui-même un étranger dans son propre pays. Le deuxième semestre de cette année marque un pic sur les déplacements présidentiels à l’étranger avec tout d’abord l’entretien avec le Président de la république française Emmanuel Macron à l’Elysée au mois d’août 2022. Puis, la visite de Andry Rafototra au Président américain à New-York en septembre 2022, ensuite, le COP 27 à Charm el-Cheikh en Egypte en novembre dernier. En quatre mois, le temps qu’il a passé à Madagascar est très court par rapport à ses déplacements à l’étranger et ce court moment, le Champion l’utilise pour des déplacements régionaux pour faire des propagandes avant l’heure. Pourtant l’opposition peine à démarrer sa campagne électorale avec tous les bâtons dans les roues que leur mettent les pro-régime.

Lors de la campagne électorale de 2018, le Président de la république avait promis le développement de Madagascar en cinq ans, un développement que le pays n’a pas connu depuis soixante ans. Seulement, à un an de l’élection présidentielle à Madagascar, Andry Rafototra déclare que la finition de la plupart des projets ne sera possible qu’en 2028, le développement du pays doit donc encore une fois attendre qu’il soit réélu. Injuste pour les 27 millions de Malagasy qui vivent dans la misère depuis trop longtemps.

Ravo

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