La Gazette de la grande ile

Ecole normale supérieure : Grève des étudiants !

Publié le 07 décembre 2022

Salles de classe en ruines et en sous nombre, corps professoral incompétent et en sous nombre, outils de formation quasi inexistants… C’est ce qui caractérise entre autres l’éducation à Madagascar. Résultat : une qualité d’enseignement pourrie et naturellement des résultats d’examens médiocres. Entre temps, il y a les normaliens qui ont fait cinq ans d’études supérieures juste pour pouvoir enseigner par la suite.

En effet, les étudiants de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) d’Antananarivo ont manifesté hier. Ils ont investi la route à Ampefiloha, brûlé des pneus et bloqué la circulation pendant un certain temps avant que les forces de l’ordre n’arrivent sur place, bombardent les manifestants de gaz lacrymogène et arrêtent quelques manifestants. Ils revendiquent leur recrutement. D’après leurs explications, seulement 686 sont recrutés alors qu’on enregistre 1 500 nouveaux sortants de l’ENS ayant envoyé une demande de recrutement. Depuis le début de l’année, les grèves des normaliens s’enchaînent. Parmi leur souci dans leur parcours, les étudiants des écoles normales supérieures sont aussi victimes de non-paiement des bourses d’études. Au mois d’avril de cette année, ils sont aussi descendus dans la rue pour réclamer cinq mois de bourses impayées.

Rappelez-vous du moment où l’ancien représentant du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) a pointé du doigt la qualité de l’éducation dans la Grande Ile. « L’éducation ne fait que régresser ces dernières années », souligne Michel Saint-Lot début juillet 2021. Lors de sa rencontre avec la presse pendant laquelle il a dressé un bilan négatif sur la situation de l’éducation dans le pays, il a évoqué l’incompétence des professeurs parmi les causes. « D’après un test effectué de consort avec la Banque Mondiale sur des maîtres d’école, il en est ressorti qu’une grande partie des testés n’avaient pas la capacité requise pour pouvoir former les enfants ou les éduquer », poursuit-il.

Dans le pays, le manque d’effectif des professeurs est aussi à déplorer. D’où les maîtres Fram. Ces derniers ne sont pas des fonctionnaires, ni des vacataires payés par l’Etat. Les maîtres Fram peuvent être subventionnés par l’Etat, mais dans la plupart du temps, ils sont subventionnés d’une somme symbolique par les parents d’élèves. Mais leur plus grande différence, c’est que les maîtres Fram « ne sont pas aptes à professer » comme l’ancien représentant de l’Unicef à Madagascar, Michel Saint-Lot les qualifient. « On a des illettrés qui vont former des enfants. Donc, on a des générations d’illettrés qui sortent », martèle-t-il.

Le recrutement des sortants des Ecoles normales supérieures fait défaut. C’est inacceptable compte tenu de la situation de l’éducation dans le pays si l’on ne parle que du manque de professeurs. A titre illustratif, un professeur d’éducation physique et sportive (EPS) à Madagascar doit s’occuper de 5 600 élèves si la norme est de 25 à 30 élèves par enseignant. Les responsables préfèrent retenir les maîtres Fram ignares, puisque le régime n’a aucun engagement vis-à-vis d’eux.

Aina P.

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