La Gazette de la grande ile

Première autoroute : Les études préalables font défaut

Publié le 07 décembre 2022

Cette soi-disant première autoroute reliant Antananarivo à Toamasina, longue de 260 km est au cœur d’une grande polémique. Certes, ce projet est ambitieux, mais sa construction relève du grand n’importe quoi et du non-respect de la règle de l’art.

Rappel des faits :

- 2018 : promesse pour la construction d’une autoroute reliant la capitale avec Toamasina.

- 28 octobre 2022 : annonce de la signature de la convention.

- 03 novembre : signature de l’accord entre l’Etat malgache et l’entreprise égyptienne SAMCRETE.

- 03 décembre 2022 : premier coup de pelle/pose de « la première pierre » dans la Commune d’Ambolo  à Talata Volonondry.

- 04 décembre 2022 : promesse de Jerry Hatrefindra­zana en vue d’effectuer le paiement des indemnités d’expropriation pour la première vague (environ 10 km du premier tronçon).

À propos de ce projet irraisonné :

- 260 km de long

- Traversera : Ankorondrano – Tsarasaotra – Sabotsy Namehana – Ambohimanga Rova – Talata Volonondry – Anjozorobe –

Andaingo (Alaotra Mangoro) et Toamasina.

- 4 voies avec 6 stations de péages et 3 aires de repos

- Travaux prévus pour 4 ans

- 80 sur 260 km à la charge de l’Etat

- Réalisation sur 4 ans

- Coût total : 924 millions de dollars dont 20 % pris en charge par l’Etat et 80 % par les partenaires.

Voilà le topo. Sur le papier, l’Etat sous la direction de Andry Rajoelina, « travaille », mais dans le fond, il n’y a rien qu’une coquille vide. Comme dans tout événement organisé par notre DJ, les autorités et partenaires concernés de près ou de loin par ce projet étaient présents à la pose de « sa première pierre ». Sans oublier bien sûr, les artistes pour les werawera et les spectacles d’effets d’annonces.

Pourtant, beaucoup de détails sur ce projet restent flous, que ce soit pour les riverains ou pour l’environnement.

- Où sont les résultats des études d’impact environnementales et sociales ?

- Aucune notification n’a été faite au préalable pour aviser les propriétaires fonciers qui sont propriétaires des terrains, objets de la construction.

- Les procédures d’expropriation ont-elles eu lieu en bonne et due forme ?

- Comment se passent les indemnisations de personnes expropriées ?

- Est-ce que la portion de la voie rapide de la RN2 de 9,866 kilomètres dont la pose de la première était en avril 2019, est-elle achevée ?

Mais aussi et surtout un rappel à l’ordre à l’endroit du PRM, des ministres des travaux publics, de l’environnement, du transport et de la population : que restera-t-il de nos forêts ? De nos ressources naturelles (faune et flore) dans le Parc National de Zahamena ?

Les décisions prises sont-elles inclusives et sur le long terme ? Où sont les inventaires des ressources de la région (filière ou secteur) et perspectives d’utilisation avec le consentement préalable des communautés ?

Que vont devenir les habitants expropriés ? Qui et Que doit-on sacrifier de plus avec tout ce que la population endure en ce moment ? N’est-il pas envisageable et plus approprié de réhabiliter et de s’occuper de l’existant au lieu de se lancer dans un projet destructeur qui porte atteinte au peu qui reste de nature dans la Grande Ile.

Bref, ces inquiétudes et propos ont été recueillis en ligne et il y en a plus.

« Werawera tsy maintsy mandeha », comme le téléphérique, les 1 000 bus, le fly-over. On verra le sort de ces promesses « manara-penitra ».

À bon entendeur salut !

La Gazette

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