La Gazette de la grande ile

Grève contre la QMM : La population locale abandonnée

Publié le 07 décembre 2022

Le 2 décembre 2022, la QIT Madagascar Minerals S.A (QMM) déclare dans un communiqué que l’entreprise passe temporairement au service minimum dans ses activités. La raison de cette décision est selon ce même communiqué la peur pour la sécurité des employés. Effectivement, depuis le 1er décembre 2022, des individus se postent avec des amas de pierres en plein chemin menant vers le site de Mandena à Toalagnaro, empêchant ainsi tout passage.  Ces perturbations sont d’après l’entreprise « en liaison avec l’accord signé par les parties prenantes le 20 mai 2022. QMM est en effet dans l’impossibilité actuelle de garantir la sécurité et la santé du personnel travaillant sur le site ainsi que l’intégrité de nos installations ». Le QMM réaffirme son engagement à continuer de travailler avec les communautés et les autorités locales sur des solutions équitables, participatives et durables en réponse aux griefs.

Les problèmes entre la QMM et les communautés locales débutent en octobre 2021. En fait, des associations de communautés des villages autour de QMM ont manifesté en réclamant à QMM des compensations suite à la pollution et la destruction de leurs sources de revenus et ont bloqué des camions de QMM. Des problèmes fonciers font aussi partie des doléances de la population locale. Depuis, des négociations sont entamées et QMM accepte de verser des compensations et indemnisations à la population affectée par son exploitation et les bénéficiaires ont été évalués par un comité suivant les critères établis.

Pourtant, plusieurs des personnes lésées par les activités de QMM ne sont pas satisfaites par ces mesures prises par l’entreprise en vue de les indemniser. Le plus impressionnant dans cette situation, c’est la passivité des responsables étatiques. Depuis l’annonce du communiqué par la QIT Madagascar Minerals S.A (QMM) l’ensemble des responsables étatiques de la région Anosy reste muet. La population locale est délaissée. Prenons l’exemple des pêcheurs qui ne peuvent plus poursuivre leurs activités depuis longtemps en raison des déchets chimiques déversés dans les fleuves et rivières. Les indemnisations qui tardent à arriver ne facilitent pas la situation des communautés des pêcheurs. Même si QMM affirme et réaffirme sa volonté de poursuivre les négociations avec la population lésée et les autorités, il serait difficile de trouver un terrain d’entente, car la seule solution pour satisfaire la population est l’arrêt permanent des activités de QMM. Le rôle négociateur des autorités locales est important pour régler le litige. Or, les responsables étatiques ne montrent pas jusqu’ici une réelle volonté de résoudre le problème et abandonne la communauté locale à son propre sort.

Ravo

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