La Gazette de la grande ile

Élection présidentielle 2023 : Un laitier, un DJ, un gardien et un coursier … autant s’abstenir

Publié le 24 janvier 2023

Je me méfie, je ne suis jamais allé voter depuis que je me suis rendu compte dès l’âge de dix-huit ans, que la plupart des politiciens malagasy ne sont que des caudataires obséquieux, leur fonds de commerce étant le mensonge sous ses multiples formes. Leur diplôme se réduit en « es – démagogie ».

 Qu’ils aient été aux bancs de l’école Le MYRE DE VILLIERS de Mahamasina, ou à ceux de l’université d’Ankatso ou des grandes écoles françaises, britanniques ou américaines, toute proportion gardée, ce sont tous des vendeurs de rêves.

Je me méfiais de ces pseudo héritiers de Cicéron, orateurs et intellectuels des années 70 et 80, mais au moins à leur époque, la sécurité régnait, le coût de la vie était raisonnable, il y avait moins de chômeurs et les routes étaient bonnes, du moins dans les grandes villes. Les hôpitaux étaient encore propres et le corps médical venait au soin des patients avec attention et professionnalisme, et nous avions eu des champions, des vrais dans plusieurs domaines sportifs et académiques

Je me méfiais de ces tribuns baratineurs des années 90 à 2000, où il a fallu un certain professeur Albert Zafy pour stopper le socialisme de Didier Ratsiraka, les jobards comme les naïfs avaient cru au renouveau de la vie socioéconomique malgache : que nenni !!

Je me méfiais de ces pantins prédateurs, de 2002 à 2012, où l’argent public devenait leur propre fonds de trésorerie au détriment de toutes les procédures administratives requises auxquelles tout engagement aux dépenses ou tous les décaissements sont astreints à des règles impératives. Les niais et les niaises les ont crus (es) au point où depuis les années 2000, la politique change de visage, il y a les vénérés et les vénérables, il y a les honorés et les honorables, il y a les adorés ou les adorables ainsi de suite, et une frange active des partisans se prête à ce jeu, réseaux sociaux aidant. Les gesticulations de bling-bling commençaient à prendre forme à la place de toute démarche idéologique beaucoup plus rationnelle, les « minoa fotsiny ihany », il suffit de croire, et les « kapoakako io… » c’est mon domaine et les prémices des velirano qui continuent à ce jour, envahissaient les médias et les supports de communication, ceci malgré le peu de concrétisation des paroles données, le peuple semblait être bercé dans un sommeil profond.

Ces deux dernières décennies : de 2002 à 2009 de 2009 à 2013 et de fin 2018 à ce jour, deux sortants de l’école buissonnière émergent du lot, à deux, ils se sont relayés à mettre le pays en faillite par des crises politiques sans fin.

De toutes ces épopées, je me méfiais des candidats à la présidentielle de 2018 et de l’élu qui gouverne actuellement. Le pays est à terre et à genou, le peuple pleure et est orphelin : de l’Ikongo à l’inondation jamais vu et vécu de la ville de Majunga, on n’est pas rassuré d’un avenir meilleur, on n’est pas sûr d’un lendemain porteur d’espoir. De la route nationale 2 aux autres axes routiers tout aussi vitaux que les autres, les dégradations et la décadence proches sont manifestes.

 Mais le pire reste à venir, en dehors de quelques exceptions, quand on observe et constate le parcours de chaque prétendant à la haute magistrature de notre pays. La sortie de l’auberge ne sera pas encore au lendemain de la future proche élection présidentielle.

Il y a ceux qui étaient des coursiers de Andry Rajoelina et de Hery Rajaonarimampianina, chacun à leur époque, qui se sont enrichis par le truchement des actes douteux jusqu’à l’acquisition d’aéronefs, et on se doit de se poser des questions.

Il y a ceux qui malgré leurs dossiers lourds et encombrants dans les organismes tels que le Bianco ou éventuellement le PAC, ceci, pour cause de gestion dont l’opacité laisse à désirer, et par la complicité des tenants du pouvoir actuels, et dont il a fallu classer provisoirement les dossiers, depuis leur élection, jouissent de l’immunité parlementaire.

Ainsi, d’un gardien d’un Indopakistanais de Tuléar, d’un ancien coursier de Andry Rajoelina et de Hery Rajaonarimampianina, d’un laitier de Bel’Air et d’un DJ d’antan, on n’a pas le cul sorti des ronces. On aura à élire entre des tocards et des colosses aux pieds d’argile.

Bref, je ne serais pas surpris que l’opinion, le peuple et moi-même, nous méfierions de nos élues et élus, car entre élire un laitier, un DJ, un coursier et un gardien, on n’est pas tiré d’affaires, autant continuer à s’abstenir.

Tsilo

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