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AVIS DE DECES

Marché du travail à Fort-Dauphin: Le recrutement de locaux demeure élevé
Samedi, 18 Août 2012 07:35
98% en 2011 et 94% en 2012. Ces taux représentent les offres d’emplois qui ont pu être pourvus localement d’après les données du dernier numéro du bulletin Fasimainty de la compagnie minière RioTinto QMM. Rappelons qu’au tout début de l’exploitation de cette compagnie, le recrutement de locaux a été au centre des débats et a même débouché sur des conflits sur place. L’instauration d’un système de dialogue entre la compagnie et les entités de la société civile et les autorités a permis de résoudre ces problèmes. On doit aussi signaler la mise sur pied du guichet de l’emploi devenu Maison de l’emploi. Celle-ci centralise les offres d’emplois proposées dans la ville de Fort-Dauphin et de ses environs. Elle achemine vers QMM les dossiers qui pourraient correspondre au profil recherché potentiellement par cette compagnie. Notons que même si cette dernière est en prospection dans la région depuis les années 80, les régimes successifs n’ont pas daigné prendre les mesures nécessaires pour que le pays profite au mieux des retombées de ce projet minier.

La formation professionnelle n’a fait l’objet d’aucune politique depuis des décennies. Il en est de même pour la promotion des PME et des activités agricoles devant répondre aux besoins du projet tant lors de la phase de la construction que de l’exploitation… Les pouvoirs successifs n’ont pas plus investi ni dans la fourniture d’énergie ni dans une infrastructure portuaire à même de servir un grand projet minier. Voilà pourquoi l’investissement privé revient très cher et met l’Etat malagasy en position de faiblesse en matière de taxes et redevances. Il ne peut pas instaurer des taux élevés. Il est donc victime sur plusieurs tableaux à cause de son manque criant de vision. Primo, des compagnies étrangères exploitent ces ressources naturelles non renouvelables sans que l’Etat en perçoive des retombées conséquentes. Secundo, les jeunes qui devraient bénéficier d’emplois qualifiés proposés par les grands projets miniers doivent se contenter de servir de main d’œuvre. Ils n’ont pas reçu la formation répondant au profil recherché par ces projets et certains en sont frustrés. D’où les conflits.

Un ingénieur pétrolier affirme que dans les travaux de prospection, un ingénieur est rémunéré à 1 500 dollars/jour par les grandes compagnies pétrolières. Soit 3 000 000 Ar/jour ou plus de 6 fois le revenu annuel de ceux qui vivent en-dessous du seuil de la pauvreté. Tertio, les PME ont aussi le même problème que les jeunes. Elles n’ont pas reçu le renforcement des capacités à même de répondre aux demandes des compagnies dont les exigences sont souvent de standard international. A cause de tous ces problèmes, les compagnies doivent investir dans des activités qui n’ont rien à voir avec le cœur de leur mission.