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AVIS DE DECES

Pollution de l’air intérieur: Un coût très élevé pour la santé publique
Mardi, 09 Avril 2013 09:48

Près de 12 000 décès par an sont attribués à des infections respiratoires provoquées par l’inhalation de l’air pollué des ménages, dont plus de 10 000 sont des enfants de moins de 5 ans.

C’est nettement plus que les victimes du sida ou de la gastro-entérite mais le phénomène est peu médiatisé. Le rapport analytique de la Banque mondiale sur l’environnement met ainsi en exergue le coût très élevé de la pollution de l’air intérieur pour la santé publique. Ce problème s’explique par le fait que 95% de la population utilise la biomasse ligneuse (bois de chauffe ou charbon de bois) pour la cuisson. A plusieurs reprises, des projets de foyers améliorés ont été mis sur pied mais à chaque fois, ils sont sporadiques puisqu’ils ne sont pas intégrés dans une politique ou une stratégie énergétique claire et efficace. Des ONGs et autres entités s’y essaient également mais là aussi, la pérennisation des actions laisse à désirer, toujours à cause du manque de politique devant encadrer les actions sur terrain ainsi que les activités en amont comme la recherche. La Banque mondiale avance qu’en 30 ans, un programme cuisinière éthanol pourrait avoir des avantages importants pour la santé.

Rappelons aussi que cette institution a déjà œuvré pour la promotion de l’éthanol comme combustible de cuisson. Mais son projet, bien que redynamisé au cours de cette crise, n’a pas encore abouti à quelque chose de tangible. Bref, l’éthanol n’est pas près de rejoindre les habitudes de consommation des ménages. Or, il pourrait contribuer à une réduction massive des décès occasionnés par la pollution de l’air et à une baisse significative de la déforestation. La Banque mondiale estime qu’avec le programme éthanol cité ci-dessus, le pays pourrait faire l’économie de 670 000 à 1,4 million d’hectares de forêts. C’est une superficie non négligeable quand on sait que les aires protégées représentent actuellement 7 millions d’hectares, contre 1,230 million d’hectares en 1990. L’éthanol devrait être une solution pratique et facile à mettre en œuvre quand on sait qu’un  peu partout dans le pays, la production de « toaka gasy » ou rhum artisanal est très courante. Il faut toutefois l’encadrer pour en faire de l’éthanol pour les besoins des ménages pour la cuisson. Mais le cadre légal allant dans ce sens n’est pas prêt. Certes, la production de certains « toaka gasy » est autorisée mais dans la plupart des cas, la production et la commercialisation de ce produit sont prohibées sur le territoire.

La Banque mondiale suggère de « faciliter le développement d’une politique publique qui vise à sensibiliser le public et les décideurs et favorise ainsi l’adoption des cuisinières à l’éthanol ». Pour l’heure, le coût d’un tel équipement n’est pas connu mais il est déjà sûr qu’il sera plus cher que le foyer traditionnel (« le fatapera »). Comme quoi, un mécanisme devrait être mis sur pied pour la commercialisation des cuisinières à l’éthanol. La volonté politique est donc un élément-clé de cette

solution.

Fanjanarivo