Education nationale: Manque de stratégie et de politique PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 03 Mai 2012 08:06

En dépit de la crise, les taux de scolarisation du primaire dans la Grande Ile, notamment dans la capitale continuent de progresser d'année en année.

En 2010, le taux net de scolarisation dans le primaire sur l'ensemble du pays était de 73,4% dont 80,1% en milieu urbain et de 71,9% en zone rurale. Ce résultat explique qu'il existe une augmentation des capacités d'offre au système éducatif, d'où la multiplication de plusieurs infrastructures publiques, comme les écoles primaires publiques (Epp) et privées. La plupart de ces dernières sont des écoles d'expression française. Celles-ci se trouvent partout, dans les  ruelles, que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain.

Face à cette stratégie de scolarisation, l'éducation des élèves reste toujours un problème colossal. Depuis, la mise en place de la malgachisation, on constate une baisse de niveau, a expliqué Maxime Ratoejanahary, enseignant et auteur-éditeur, il y a quelques jours. Actuellement, c'est une catastrophe, insiste-t-il. La non maîtrise de la langue française est un handicap dans l'éducation. Pourtant cette dernière est la clé, menant à l'éducation et à l'avenir professionnel. De plus, la plupart des écoles primaires ne maîtrisent pas cette langue de Molière. Certains enseignants  n'ont pas la capacité d'enseigner. La baisse de niveau est due à l'incompétence des enseignants et à la technologie. Cette dernière détourne les enfants de la lecture. C'est ainsi, que les parents doivent acheter des livres selon les niveaux, a ajouté le spécialiste, lors de notre interview.

Ce qui signifie, que l'éducation, particulièrement au niveau primaire, qui est la basse de l'éducation, nécessite une stratégie et une nouvelle structure nationale. Même si l'Office national de l'enseignement privé (Onep), rattaché au ministère du tutelle existe et effectue des suivis, plusieurs écoles ne sont pas aux normes, que ce soit sur le plan infrastructure ou sur le plan du système éducatif. C'est la raison pour laquelle, Maxime Ratoejanahary a affirmé qu'il devrait y avoir des approches par la compétence. Cette approche permet aux enseignants-éducateurs  d'approfondir plus le métier et de bénéficier des formations de recyclage.

De son côté, le ministère à travers l'Onep a mis en place un secteur de suivi de l'éducation, a relaté Razafimanantsoa Jean Christophe, directeur de cabinet auprès du Men. Lors de son allocution, il a ajouté qu'il devrait y avoir une assemblée nationale afin de mettre en place une politique bien distincte de l'enseignement local pour un avenir meilleur à la postérité. Jusqu'à maintenant, il n'existe que la politique de l'éducation pour tous, la mise en place de la 7e année dans le primaire, proposée par le bailleur de fonds, ne résout pas le problème. Cette politique est axée sur le taux de la scolarisation non sur la qualité et le résultat de l'éducation. 

R.V.