|
Hier mardi, le syndicat de l’Education nationale Sempama tenait encore bien en main ses troupes, même si des éléments isolés ont quitté le lieu de rassemblement d’Anosy, et ont rejoint les classes.
Le public effectivement a remarqué que les élèves des établissements publics, reconnaissables à leurs uniformes, étaient un peu plus nombreux dans les rues aux heures de sortie des classes. A partir de lundi prochain et si la hausse de 50 000 ariary est répercutée dans la fiche de paie, un nombre plus important de grévistes pourraient rompre avec le mouvement et reprendre les cours. L’Etat d’ailleurs se livre à une intense propagande pour inciter les enseignants à se remettre au travail, usant notamment des stations audiovisuelles publiques. Si les rangs des grévistes connaissent une certaine désertion, c’est notamment car le Sempama n’est pas clair dans ses objectifs, après l’obtention de l’augmentation de 50 000 ariary. Ce montant, selon les enseignants, est insuffisant et ne permet même pas d’acheter un sac de riz. Mais beaucoup pourraient s’en contenter et rejoindre les classes, plutôt que d’appuyer un mouvement qui avance dans le brouillard. Si le Sempama ne se montre pas précis sur le cap exact, après l’obtention des 50 000 ariary, ce pourrait être l’effritement du mouvement. Selon beaucoup d’enseignants, vu le faible niveau de leurs salaires et indemnités, leur situation est de plus en plus intenable. Ils invoquent surtout le nouveau tarif de la Jirama comme l’un des facteurs essentiels de la hausse du coût de la vie. Ils voudraient bien donc continuer le mouvement, mais sur une base plus réaliste que les montants des indemnités revendiqués par le Sempama. Bref, ce syndicat a intérêt à annoncer avec précision ses prétentions. Libre ensuite aux enseignants grévistes de se déterminer en conséquence… - R.
|