Place de la démocratie : de nouveau à feu et à sang ? PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 19 Mai 2012 10:11
Le centre-ville, notamment les alentours de la stèle d'Ambohijatovo, pourrait encore une fois sentir la Syrie ce jour. Divers groupements d'opposition y organisent, en effet, une manifestation non autorisée, et on s'attend à une vigoureuse répression de la part des forces de l'ordre. Comme le rassemblement ressemble à un " défi ", le général Richard Ravalomanana, chef de l'Emmo-Reg, a indiqué hier qu'il serait présent sur le site. Cela veut dire en gros que la " manif " sera dispersée sans ménagement. Vu la configuration du terrain, avec des talus et des escarpements (côté Planète), ainsi que des barrières métalliques assez basses, il y aura des blessés si les militaires chargent…

On attirera l'attention sur un fait : une Place de la Démocratie (ou une autre dénomination), site où s'exerce la liberté d'expression et d'opinion, est un véritable besoin à Tana-Ville. La capitale, en effet, est éprise, de démocratie et de liberté, et elle s'est élevée à plusieurs reprises contre les régimes qui bâillonnent. On devrait aménager une place de la démocratie, à Ambohijatovo ou sur un autre site, pour assouvir ce besoin irrépressible qui attirera du monde ce jour dans le centre-ville. Rappelons d'ailleurs qu'en 2009 à Tana-Ville, les foules ont massivement suivi Andry Rajoelina après la fermeture arbitraire de TV Viva, mesure contraire à la liberté d'expression…

Par ailleurs, nos forces de l'ordre devraient mieux gérer leur réflexe répressif hérité de la période révolutionnaire. En effet, face à des rassemblements pacifiques, elles réagissent de façon trop brutale, voire disproportionnée. Le FFKM, qui est un bon observateur, en a d'ailleurs fait la remarque… A force de provoquer ces scènes houleuses, où des femmes et des personnes âgées sont bousculées et piétinées, le régime et les forces de l'ordre pourraient s'attirer l'hostilité de la population ou… d'une partie de l'Armée, comme cela s'est vu en 2009. C'est, en fait, le traitement brutal infligé à de paisibles manifestants  qui a donné naissance au mouvement Capsat.

Souhaitons également plus de raison de la part des organisateurs de manifestations, lesquels ne devraient pas exposer leurs troupes aux rigueurs de la répression. Mais réclamer l'ouverture de la Place de la Démocratie, sans " manif ", pourrait-il aboutir ?

A. R.