Andry Rajoelina sur la Radio des Nations Unies PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 21 Mai 2012 08:30
Après la séance de travail qu’il a eue avec le Secrétaire Général des Nations Unies, le Président de la Transition, le président de la Transition Andry Rajoelina,  a accordé une interview à Cristina Silveiro, journaliste de la Radio des Nations Unies. Dont ci-joint, le contenu.

+ Q : « Monsieur Andry Rajoelina, Bonjour ! »

- R : « Bonjour ! »

+ : « Merci d’accorder cet entretien à la Radio des Nations Unies. Monsieur le Président, vous êtes venu à l’ONU aujourd’hui, entre autres, vous venez de sortir d’une réunion avec le Secrétaire Général. Quel a été l’objectif de cette réunion ? »

- « Effectivement, j’ai eu une séance de travail avec le Secrétaire Général des Nations Unies. L’objectif est surtout d’apporter des précisions et aussi de marquer les évolutions de la situation politique et économique à Madagascar et surtout la nécessité d’organiser des élections le plus tôt possible car les experts des Nations Unies sont déjà sur place à Madagascar actuellement. D’après le souhait des malgaches de mettre fin à cette Transition qui n’a que trop duré, et mettre tout en œuvre afin d’avancer pour le bien du peuple malgache. »

+ « Et quelles sont les prochaines étapes, justement, pour arriver à ces élections et à quand ces élections ? »

- « Aujourd’hui, comme les experts sont déjà sur place, donc, les prochaines étapes seront l’organisation et la préparation, évidemment, des élections. »

+ « Et comment céder le pas à la réconciliation, à une entente surtout vis – à – vis de l’ancien Président ? »

- « Maintenant, tout ce qui est question juridique est clos. Ceci dit, nous sommes ouverts, dans le cadre de ce qu’on appelle en malgache  le « fihavanana », pour rétablir la paix à Madagascar. Nous sommes prêts à discuter pour rétablir la paix afin que le pays puisse vivre dans la sérénité et que le peuple malgache puisse s’éloigner des troubles justement pour qu’il n’y ait plus de troubles à Madagascar. »

+ « Merci Monsieur le Président. Si vous êtes venus à New York aussi aujourd’hui c’est pour la réunion de haut niveau à l’Assemblée Générale sur la situation économique et financière à travers le monde en vue du Rio +20.  Alors, quel a été votre message principal ? »

- « Le message principal a été : la crise économique mondiale a créé des conséquences sans précédent surtout pour Madagascar, elle a augmenté le taux de chômage. Ceci dit, nous avons déployé les efforts nécessaires pour que la crise mondiale n’ait pas d’impacts trop négatifs pour le peuple malgache. Le message principal est donc : il faut que les bailleurs de fonds étudient de près la situation des aides et les partenariats gagnants - gagnants à travers les pays les plus vulnérables. »

+ « Souvent, on prône, par exemple, les politiques d’austérité et c’est justement les politiques que Madagascar a adopté. Est - ce qu’elles ont fonctionné ? »

- « Oui ! Aujourd’hui nous avons réduit notre dépense de 40%. Cela nous a permis de survivre mais la croissance économique n’était pas au rendez – vous parce qu’il manquait d’investissements, l’aide des partenaires financiers extérieurs, ce qui a ralenti le développement à Madagascar. »

+ « A quel partenariat peut – on s’attendre aujourd’hui quand, même les partenaires eux, sont en crise ? »

- « Il y a plusieurs sortes de partenariats que ce soit avec les secteurs privés ou avec des pays qui puissent investir à Madagascar et transférer leurs compétences à travers des formations ou à travers la création d’emplois parce que Madagascar est un grand pays. Nous avons, par exemple, privilégié l’agriculture. Nous avons opté pour la détaxation des matériels agricoles et des intrants pour avoir une sécurité alimentaire assez conséquente. »  

+ « Comment expliquez – vous que Madagascar ait un taux d’endettement de 20% malgré le fait que le pays ait honoré ces échéances et il n’a pas emprunté d’argents depuis 2009 ? »

- « A Madagascar, mes prédécesseurs ont beaucoup endetté le pays. Nous avons quand même honoré les échéances et nos dettes malgré la crise politique dans le pays. Mais à mon avis, si le pays est bien géré, on peut créer notre richesse à travers notre propre richesse parce que Madagascar est doté de richesses naturelles et on peut développer le pays. Je pense que dans les 10 années à venir, Madagascar devrait être la vitrine de l’Océan Indien, même la vitrine de l’Afrique en termes de développement. »

+ « Justement, quels sont les secteurs sur lesquels vous souhaitez mettre la priorité ? »

- « L’agriculture. Vous savez, vers les années 60, Madagascar était le grenier rizicole partout en Afrique et dans la Région. Aujourd’hui, on importe du riz. Donc, il faut étendre les surfaces cultivables et cela fait partie de notre priorité surtout si cela  va créer de l’emploi pour la Jeunesse. Le tourisme également. Nous avons plusieurs kilomètres de plage à Madagascar. Ce sont les secteurs à prioriser. Mais surtout,  il ne faut pas négliger les produits stratégiques comme les mines que Madagascar possèdent énormément mais c’est à nous de baliser et de voir le profit pour le peuple et pour le pays pour pouvoir booster le développement à Madagascar.»

+ « Et comment accordez – vous, par exemple, l’exploitation de mines et de ressources minières, les énergies renouvelables et le développement durable ? »

- « En ce qui concerne les énergies renouvelables, vous savez, les matériels que nous utilisons aujourd’hui pour les énergies sont obsolètes. Nous utilisons les énergies thermiques. Cela veut dire qu’on doit d’abord s’approvisionner de fuel de l’extérieur, donc une fuite des devises. Pourtant, nous avons de l’air et de l’eau. On peut, et le pays n’attend que cela, accueillir les énergies éoliennes et mettre en place des énergies hydrauliques qui pourraient déjà diminuer,  au minimum, de 40% le prix de l’électricité à Madagascar. Et aussi, il n’y aura plus de devises qui vont sortir de Madagascar pour l’achat des fuels. Par rapport à tout cela, Madagascar est un pays d’avenir, Madagascar est un grand pays qui mérite vraiment de se développer et j’y crois.»

+ « Dernière question Monsieur le Président, dans votre discours de ce matin, vous avez cité nombres d’initiatives dynamiques et de mesures prises face à la crise qui ont eu un certain rendement mais pas suffisant. D’après vous, est ce qu’il manque vraiment la contribution des bailleurs de fond ? »

-  « C’est surtout l’investissement qui manque. Etant donné que, depuis des années, notre budget a été aidé par la Communauté Interna
tionale à hauteur de 40 à 50%. Pendant ces trois dernières années de Transition, nous avons pu honorer nos dettes même si nous n’avons pas du tout d’aides budgétaires. Mais ce sont les grands investissements qui manquent pour développer le pays. A travers les fonds internationaux comme l’Union Européenne, la Banque mondiale, et c’est ce qui a fait reculer, justement, notre PIB aujourd’hui. »

+ « Merci Monsieur le Président. »

-         « Merci beaucoup. »