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Le Premier ministre a incontestablement marqué des points ces derniers temps. Lentement mais sûrement, le locataire de Mahazoarivo imprime son rythme en s’imposant inexorablement sur l’échiquier politique.
Rien n’y fait, ses détracteurs commencent à s’en rendre compte, aujourd’hui. Un petit déjeuner, organisé la semaine dernière dans son palais avec la presse locale et étrangère toute confondue, a permis à tout un chacun de cerner sa personnalité et de mieux comprendre sa méthode de gouvernance, de lever surtout toute ambiguïté quant à ses ambitions politiques, et d’affirmer son engagement dans l’application intégrale de la Feuille de route qui reste son patron, selon ses propres propos. Beriziky Jean Omer, « alias Yul Brynner » en référence à l’acteur chauve d’origine américaine, a mis pratiquement sous sa coupe les auditeurs du palais de verre à Anosikely, lors de sa dernière et récente confrontation avec les membres du CST pourtant réputés acquis à la cause du président de la Transition. Pendant près de six heures de temps et ce jusque tardivement dans la nuit, il a su contenir avec brio les assauts de questions et les rodomontades de ces derniers, pourtant déterminés à en découdre avec lui et ses ministres sur la gestion des affaires publiques de plus en plus en ébullition en ce moment ! Manque de pot pour eux, le Premier ministre était ce jour-là dans une forme éblouissante et exceptionnelle en éclaboussant son auditoire de toute sa classe. Ni plus ni moins ! Le brillant rhétoricien qu’est Beriziky Jean Omer s’est montré sous son vrai jour en développant sa bonne culture générale hors du commun et son art de l’esquive, son sens de la repartie et de dialogue, sa maîtrise de la diplomatie tout en affichant systématiquement son respect envers ses interlocuteurs directs, forçant au passage l’admiration des girouettes politiques telles que Soja Jean André dit Kaleta (sentant à coup sûr le vent tourner) qui n’a pas manqué d’afficher ouvertement son soutien indéfectible aux actions du Premier ministre. Le palais de verre, désarçonné et subjugué par les prouesses de celui-ci, serait-il en train de basculer ? En tout cas, diffusées ce jour-là en direct sur les médias nationaux, ces interventions du locataire de Mahazoarivo ont largement captivé les provinciaux dans leur ensemble ! Malgré les critiques souvent infondées et les anathèmes nourris à son endroit sur ses méthodes douces à la limite soporifiques et qui horripilent beaucoup de gens, le PM est en train de réussir son pari : tenir le cap, contre vents et marées et convaincre ses compatriotes des vertus du dialogue, de la concertation, de patience et de tact. « Yul Brynner » s’avère être l’homme de la situation, capable de surfer entre les vagues de la contestation générale et les méandres de la politique politicienne, capable également de concilier l’inconciliable en rapprochant des camps antagonistes et réfractaires, une tâche ô combien difficile bordée d’écueils et d’obstacles, qui est loin d’être pour lui une sinécure, avec une politique de la pommade douce par rapport au forceps et les méthodes de gouvernance à la hussarde. Le Premier ministre de consensus, droit dans ses bottes, ose afficher publiquement sa position de partenaire et non de subalterne d’Andry Rajoelina, ce qui fait grincer les dents des partisans de ce dernier qui n’ont pas toujours compris que les vents du changement sont en train de souffler fort dans ce pays. Beriziky est en train de marquer durablement ses empreintes et son territoire. Enfin, la visite à Mahazoarivo du chargé d’affaires américain, Eric Wong, est lourde de symboles et constitue indéniablement une apothéose pour la carrière politique du patron des lieux. Une pleine reconnaissance de ses actions en quelque sorte, et surtout un tournant majeur pour cette force tranquille de Mahazoarivo qui est rempli d’abnégation et d’engagement pour son pays… Rajaofera Pierre Antananarivo |