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Roland Ratsiraka: Après l’amnistie de son oncle... |
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Mercredi, 13 Juin 2012 07:28 |
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Propos de Roland Ratsiraka, chef du parti MTS et membre du CST, entendus hier sur les ondes : « En ce qui concerne Marc Ravalomanana, il ne devrait pas y avoir d’impunité.
C’est comme cela dans les pays démocratiques, par exemple en France où Jacques Chirac a été condamné et où Nicolas Sarkozy risque aussi de l’être… ». Roland Ratsiraka peut tenir un tel discours car son oncle Didier Ratsiraka, ancien chef d’Etat, bénéficie de la loi d’amnistie bancale votée en avril dernier et voit ses forfaits effacés. Selon cette loi en effet, le seul crime non amnistiable est le meurtre, ce qui condamne Marc Ravalomanana en raison de l’affaire du 7 février. Didier Ratsiraka, condamné à dix ans de travaux forcés pour le détournement de 49,249 milliards de francs (à la Banque Centrale de Toamasina), puis à cinq ans d’emprisonnement ferme pour atteinte à la sécurité de l’Etat, est amnistié. En fait, infraction non amnistiable dans le projet de loi, le détournement de deniers publics a ensuite été gommé mystérieusement. Pour cette raison, les auteurs de ce crime si préjudiciable à la nation et au peuple échappent à la justice… En tout cas, comme les crimes contre l’humanité ne sont jamais prescrits, Didier Ratsiraka peut être jugé plus tard pour les crimes qu’on lui impute et qui ne sont pas amnistiables, comme le massacre des Kung Fu en août 1985, le carnage du 10 août 1991 devant le palais d’Iavoloha ou d’autres affaires où il y eut des exécutions collectives, comme les opérations contre les « dahalo » dénommées « Tsimiroro » ou « Tsy Minday Mody ». En fait, quand il survient dans des pays comme le nôtre qui ne sont pas très démocratiques, le jugement d’anciens chefs d’Etat a toujours une odeur de vengeance et d’élimination politiques. Raison pour laquelle la communauté internationale en appelle à un dialogue direct Rajoelina-Ravalomanana, en espérant une annulation des condamnations qui bloquent la sortie de crise. Signalons un fait : après la condamnation à la détention de Ioulia Timoschenko, opposante et ancien Premier ministre d’Ukraine, les chefs d’Etat des vraies démocraties ont refusé de se rendre en Ukraine pour l’Euro 2012. Ainsi, Angela Merkel (Allemagne), François Hollande (France) et David Cameron (Grande-Bretagne) ont boycotté la compétition même si leurs équipes nationales y sont qualifiées. Ils sont persuadés que la condamnation relève simplement du règlement de compte politique… A.R |