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Pour la Troïka de la Sadc, la rencontre Andry Rajoelina-Marc Ravalomanana est l’instrument de la dernière chance pour sortir Madagascar de la crise.
Dans un communiqué daté du 15 juin, cette instance met l’accent sur l’importance de cette entrevue et hausse le ton, mettant notamment en garde contre un éventuel fiasco. Selon la Sadc, la rencontre doit aboutir à un succès, c’est-à-dire à un accord qui satisfasse les deux parties. Si les pourparlers débouchent sur un échec, le fautif, selon la Sadc, sera écarté de la suite du processus. Bref, pour la Sadc, ces négociations ne devraient avoir qu’une seule issue : un résultat positif. En tout cas, on sent sous le ton de la Sadc une vive irritation, née certainement de la crainte de voir l’entrevue se terminer en queue de poisson. Il est vrai que la crise dure depuis trois ans, et malgré les efforts incessants de la communauté internationale, on n’en voit pas encore le bout. Agacement aussi car la feuille de route, obtenue de haute lutte, semble ne plus servir à rien après des débuts prometteurs. Le document pose pourtant des balises qui indiquent la voie de sortie de crise. Visiblement, la Sadc est excédée par les récriminations et les jérémiades de la mouvance Ravalomanana, laquelle, en dernier recours, s’est retirée des institutions de la transition. La politique de la chaise vide pratiquée par cette mouvance constitue un obstacle qui empêche le pays d’avancer vers la sortie de crise. En tout cas, cette vigoureuse réprimande de la Sadc met les deux parties devant leurs responsabilités. Les pourparlers sont donc placés sous le signe de l’obligation de résultat. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sont contraints d’aborder avec franchise les questions qui fâchent : le retour au pays de Marc Ravalomanana, la question de son éligibilité et de son amnistie, le sort des entreprises de Tiko Group que l’Etat menace de fermeture. Tous ces points figurent dans la feuille de route mais sont interprétés différemment par les deux parties. La Sadc contraint celles-ci à s’entendre. On devrait, en tout cas, étudier un souhait exprimé souvent ces temps-ci : la retransmission en direct des négociations entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Le procédé devrait mettre la pression sur les deux personnalités et les pousser à trouver un terrain d’entente. - R.
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