Jean de Dieu Maharante: Volonté politique sans faille contre l’insécurité ! PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 16 Juin 2012 07:06

Le vice-président du Conseil Supérieur de la Transition pour la province de Toliara, Jean de Dieu Maharante, a fait partie de la délégation gouvernementale qui s’est envolée hier dans le Sud,

pour examiner de près le grave problème de l’insécurité rurale qui a provoqué samedi dernier la mort par balles de cinq gendarmes et de deux soldats, en plus des blessés.

Lors d’un entretien avec La Gazette de la Grande Ile, cet ancien procureur de la république qui a été en poste à Maintirano et Toliara pendant plus d’une décennie, a déclaré d’emblée que la gestion de l’insécurité devrait être spécifique dans les zones classées rouges. A titre d’exemple, l’Etat devrait négocier avec les opérateurs pour que ces dernières soient reliées au réseau téléphonique. Car on n’a plus à faire à des vols de bœufs de type traditionnel, mais à des véritables réseaux mafieux où le blanchiment d’argent n’est pas à exclure. Par ailleurs, face à ce qui s’apparente à une vraie provocation visant le régime, celui-ci devrait relever le défi et démontrer qu’il est capable d’assurer la protection des populations et de leurs biens. Par ailleurs, les Dina (conventions des Fokonolona) devraient être homologuées rapidement par la justice, après avoir été amendées pour être en conformité avec la loi, car elles sont parfois plus efficaces que la loi elle-même. Ancien ministre de l’Elevage, Jean de Dieu Maharante constate que cette gravissime recrudescence des vols de boeufs coïncide avec le retour de l’exportation des bovidés sur pieds. En fait, l’ancien chef de province puis gouverneur de la province de Toliara n’est pas contre l’exportation licite, mais sait pertinemment que celle-ci favorise les trafics illicites. Et lui de conclure que l’Etat doit montrer une volonté politique sans faille. Pour cela, une réelle capacité d’écoute est nécessaire, pour être à l’écoute de tous, jusqu’aux Dahalo repentis qui connaissent à fond le problème.

Les hordes de Dahalo étant devenues de véritables milices armées, tant par leurs équipements que par leurs effectifs, la lutte contre elles devrait désormais mobiliser tous azimuts les vraies compétences pour aboutir. En tout cas, la transition n’en sortira que grandie en cas de victoire, dans cette vraie guerre sans merci, dans laquelle elle se trouve entraînée à son corps défendant.

Bernard Saraléa