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Les chefs d’institution, ministres et parlementaires de la mouvance Ravalomanana ont boudé le défilé militaire du 26-Juin, hier au stade de Mahamasina.
Ils s’étaient donné rendez-vous à Antsirabe, fief électoral de Marc Ravalomanana, où ils ont pensé pouvoir défiler (avec leurs militants) sur l’Avenue de l’Indépendance, après les militaires. Néanmoins, le chef de région Razanakolona Paul s’est élevé contre ce projet, estimant que la fête de l’indépendance ne devait pas avoir un aspect partisan. Les pro-Ravalomanana ont cependant défilé, mais dans les rues périphériques, hors du centre-ville. En tout cas, ce n’est pas la première fois dans notre histoire que le pouvoir et l’opposition organisent, chacun de son côté, un défilé du 26-Juin. Il y a exactement vingt ans, le 26 juin 1992, on a déjà assisté à une telle « scission ». D’un côté, Zafy Albert, chef des Forces vives et président de la Haute Autorité de l’Etat (HAE), suggéra l’organisation du défilé militaire sur l’Avenue de l’Indépendance, et donc sur la place du 13-Mai. Les partisans de l’amiral Didier Ratsiraka s’y opposèrent, voulant éviter à leur chef une descente dans l’antre de l’opposition. Le ministre de la Défense trancha en se prononçant pour le stade de Mahamasina, « comme depuis 1960 » pour prévenir une éventuelle division de l’Armée. Deux défilés furent donc organisés, l’un démarrant à 9 heures sur l’Avenue de l’Indépendance, et l’autre commençant à 10 heures et devant le chef d’Etat Didier Ratsiraka au stade de Mahamasina. Le premier fut militaire, le second fut civil, avec une longue procession des militants des Forces vives. Le Pr. Zafy fut contraint de se présenter dans les deux manifestations, sur l’Avenue de l’Indépendance d’abord en tant que dirigeant des Forces vives, au stade de Mahamasina ensuite au titre de président de la Haute Autorité de l’Etat. Beaucoup des leaders des Forces vives, qui ont refusé d’assister au défilé militaires de Mahamasina, sont encore présents dans les institutions actuelles. Pour ne prendre en compte que le seul Conseil Supérieur de la Transition (CST), citons Ramaromisa Daniel, Betiana Bruno, Pierre Tsiranana, Marson Evariste, Ralison Roger, Rabetsitonta Tovo, Razafimily Constance, etc. A. R. |