Environnement: Les lémuriens avant les hommes PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 05 Juillet 2012 07:36

La Fondation des Aires Protégées et de la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) courtise les entreprises de la place pour qu’elles contribuent à la protection de la biodiversité.

La démarche est honorable pour deux raisons. D’une part, les entreprises locales, surtout industrielles, doivent participer à la protection de l’environnement, en général et des parcs en particulier. D’autre part, la FAPBM ne peut pas suffire des intérêts générés par son trésor de guerre placé à l’étranger. Elle a besoin d’autres sources de financement.

Ceci dit, on est en droit de se demander pourquoi les millions de dollars que la FAPBM possède ne sont pas placés en bons du trésor malgache qui est un placement rentable. S’il existe une convention entre les bailleurs de fonds et le gouvernement en ce sens, il serait temps de la réviser. Cette révision est d’autant plus nécessaire qu’on peut douter du mode de gestion de cette Fondation lorsque l’on sait que les administrateurs reçoivent des indemnités à 150.000 Ar par réunion. En d’autres termes, les administrateurs, qui jouissent tous d’une situation confortable et mangent à leur faim, touchent en deux heures, ce qu’un simple travailleur perçoit en deux mois. Ca paie bien de protéger les orchidées et les papillons ! Si ces indemnités ne sont pas des jetons de présence déguisés et des remboursements de frais abusifs, Dieu que cela y ressemble.

La FAPBM viole sournoisement au moins deux dispositions de la Loi N°2004-014 du 19 aout 2004 portant refonte du régime des Fondations à Madagascar « la Fondation s’engage à exercer ses activités de manière désintéressée et dans le respect des lois et règlements de la République…Les fonctions d’administrateur sont exercées à titre bénévole…» Si La Présidente du Conseil d’Administration de la FAPBM, qui est une juriste, a oublié ces dispositions légales, un audit de la Banque Mondiale pourra les lui rappeler. Si cette personne ne veut pas entendre raison, l’audit pourra mettre les administrateurs devant leur responsabilité en invoquant un autre article de cette loi qui dispose que : « la responsabilité civile des administrateurs pourra être engagée à raison du préjudice, par eux causé à la Fondation, consécutivement à des infractions aux dispositions législatives et règlementaires, à des violations des statuts et à des fautes personnes de gestion selon les règles de droit commun. »

On veut bien croire que les entreprises soient motivées par l’argument des déductions fiscales avancé par la FAPBM mais cet avantage peut être obtenu auprès des autres fondations puisqu’il découle de la loi. Au lieu de jouer le jeu des bailleurs de fonds qui préfèrent nourrir les lémuriens plutôt que les malgaches, les entreprises locales désireuses de mener des actions sociales devraient plutôt financer des écoles et des dispensaires. Ces entreprises pourraient mener des actions citoyennes en construisant des ponts, des éoliennes ou des puits. Les entreprises doivent garder le sens des proportions, des réalités et des priorités. Elles ne jettent pas l’argent par la fenêtre en protégeant la faune et la flore. Cependant, elles ont plus à gagner à être solidaires des hommes, femmes et enfants en difficultés plutôt que des mangroves, des baobabs et des caméléons.

Ranary