Donner ses chances au tourisme PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 10 Juillet 2012 08:41

A chaque changement de Ministre du Tourisme, tous les efforts sont entrepris pour relancer le secteur.

Des délégations sont envoyées dans les îles voisines et en Europe. La démarche est nécessaire et l’action est juste car le tourisme est un moteur du développement. Tout concourt à ce que le tourisme soit un secteur-clé. En effet, non seulement nous avons des plages, des forêts et des montagnes comme toutes les destinations touristiques ordinaires mais nous possédons des sites uniques ainsi qu’une faune et une flore exceptionnelles. Sachant que le tourisme apporte des investissements, génère des taxes et génère des emplois, pourquoi n’est-il pas favorisé ? Les explications sont nombreuses.

Certaines personnes considèrent que le frein à l’essor du tourisme est d’ordre structurel. Les aéroports sont minables, les routes lamentables et le rapport qualité/prix des prestations est parfois très insuffisant. D’autres y voient un problème culturel. Le malgache a le sens de l’hospitalité mais il n’est pas si accueillant que cela. Cela se nomme le manque de professionnalisme et cela peut se combler par la formation. Pour d’autres observateurs, les malgaches n’ont pas une démarche marketing appropriée. Faut-il parler d’ignorance, d’incompétence ou de suffisance? En tout cas, d’autres destinations touristiques profitent de notre endormissement pour faire des road shows à tout va et pour vanter leurs atouts sur les grandes chaines de télévision et dans des magazines réputés. D’autres gens optent pour une analyse économique et financière de la situation. Le tourisme a besoin d’énormes investissements mais les banques ne jouent pas le jeu et les sociétés de capital-risque se comptent sur les doigts d’une main. D’autres individus enfin privilégient une approche politique de la question. L’instabilité politique chronique a découragé les investisseurs. Ces derniers ont été négligés, car tout est négligé dans notre pays, mis à part les intérêts personnels des tenants du pouvoir. Les régimes successifs n’ont pas su, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu donner toutes ses chances au tourisme, comme en témoigne le fait que le Premier Ministre Omer Berziky n’ait pas reçu récemment le milliardaire britannique Richard Branson qui est propriétaire, entre autres, de nombreux hôtels et d’une compagnie aérienne. A quoi cela sert-il de chercher, à l’autre bout du monde, des hommes d’affaires pour les supplier de investir quelques sous dans notre secteur touristique si nous sommes incapables de dérouler le tapis rouge à des entrepreneurs présents sur notre sol tels que Richard Branson ? Une fois de plus, pour ne pas changer, nous avons raté le coche. 

Folojaona