Le goût de l’avenir PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 11 Juillet 2012 08:09
Selon Max Weber, « la politique, c’est le goût de l’avenir ». Comment est ce goût pour les malgaches ? D’un côté, la politique a un goût sucré pour une minorité de nantis. C’est grâce à la politique que certains étrangers prospèrent à Madagascar depuis la colonisation et que certains malgaches se sont enrichis quels que soient les régimes. D’un autre côté, la politique a un goût amer pour la vaste majorité de la population qui vit au jour le jour depuis plusieurs générations. Elle a un goût de terre rouge ou de terre brulée qui inspire le dégoût et la nausée.

Entre la douceur et l’amertume, il n’y a pas grand-chose. Pour de nombreux observateurs, visiteurs et investisseurs, Madagascar laisse un goût d’inachevé et de gâchis. De nombreux parents ont cru que l’éducation permettrait à leurs enfants d’avoir le goût de l’excellence et de s’élever plus haut qu’eux dans la hiérarchie  mais ils se heurtent à des désillusions. On ne peut pas jeter la pierre aux milliers de malgaches qui aimeraient fuir la Grande Ile par crainte des jours à venir.

Le grand défi lors des prochains scrutins va être de redonner aux malgaches l’envie de défendre leurs convictions et donc le goût de voter. Voter oui mais pour quelles idées ? Pour quel parti politique ? Pour quel futur ? Nombreux sont ceux qui souhaitent la tenue des élections mais nombreux aussi sont les indécis et les contestataires qui ne se rendront pas aux urnes. Les gens ne voient plus le lien de cause à effet entre le vote et le progrès social.

Le taux de participation sera déterminant si l’on veut prétendre à des résultats électoraux acceptables. Ce n’est pas tout d’organiser des élections libres et transparentes. Encore faut-il qu’elles soient crédibles en reflétant le choix de la majorité. On ne peut pas en vouloir à nos compatriotes s’ils ne font plus confiance aux politiciens qui ont eu le mauvais goût de les appauvrir. Si l’on ne veut pas que les prochains scrutins aboutissent à un fiasco, il faut aider nos concitoyens à retrouver le goût de l’avenir et donc de la politique.  

Folojaona