Crise et transition à Madagascar: « Les Mauriciens s’en foutent » PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 11 Juillet 2012 08:09
C’est ce qu’un journaliste mauricien a balancé hier lors de la skype conférence organisée par le centre de presse d’Antsakaviro entre des journalistes malagasy et mauriciens. Il a rajouté : « Les Mauriciens se foutent de la transition. Andry Rajoelina ? Les Mauriciens ne savent même pas qui c’est. « Tsy miraharaha ! » (ou on s’en fout). Le Bianco ? C’est un organisme qui est loin d’être indépendant. Demandez auprès de votre tribunal que le nom de proches de Rajoelina sont cités dans ces affaires de bois de rose. Mais Andry Rajoelina ne va pas couler ses potes ! ». Personne n’a demandé l’avis de ce journaliste sur ce qui se passe à Madagascar d’autant que la skype conférence a été organisée pour des échanges d’informations entre journalistes malagasy et mauriciens. Un tel dérapage ne peut pas être toléré même si Madagascar est le pays le plus pauvre et parmi les plus corrompus du monde. De plus, il va à contre-pied des déclarations des politiciens mauriciens. Dernièrement, le chargé d’affaires de Madagascar à Maurice, Richard Via a rappelé une phrase du Premier ministre mauricien comme quoi, la croissance de cette île dépendait de Madagascar. Le leader du parti mauricien Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth (lire article par ailleurs) s’inquiète aussi des retombées diplomatiques de la récente décision unilatérale de Maurice de confier à la Banque mondiale une enquête sur des trafics de bois de rose potentiels entre Madagascar et Maurice. Quoi qu’il en soit, les propos du journaliste cités plus haut ne sont pas sans rappeler ceux d’une responsable européenne en 2008 lors d’un voyage d’information sur les Accords de partenariat économique (APE) organisé par l’Union européenne à Bruxelles pour des journalistes africains. Cette responsable a lancé que l’exportation de Madagascar était du peanuts ! Cette sortie est la réponse à une simple question d’une journaliste malagasy sur l’embargo européen qui a frappé le miel de Madagascar, alors que cet embargo a touché principalement la viande. En fait, le statut de pauvre permet-il aux autres le droit d’être insolent et d’être méchant envers le pauvre ? C’est aux Malagasy de se défendre et de défendre leur pays, certes saccagé par une succession de régimes politiques tout aussi plus véreux les uns que les autres et par les méchantes conditionnalités des bailleurs de fonds, mais encore riche de ses potentiels naturels.

Fanjanarivo