Transition: Les Etats-Unis accusent de nouveau PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 20 Juillet 2012 07:28
D’après une dépêche de l’Agence France Presse (AFP), les Etats-Unis ont accusé jeudi en termes très vifs le pouvoir malgache actuel de manquer à son devoir de protection d'espèces menacées et de "promouvoir le trafic de bois précieux", pointant une fois de plus des dérives en matière de droits de l'homme. "Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les récentes découvertes des experts environnementaux internationaux selon lesquelles plus de 90% des lémuriens de Madagascar sont soit menacés soit au bord de l'extinction", a indiqué son ambassade à Madagascar dans son communiqué.

"Les conclusions des experts ayant assisté à la conférence organisée par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) soulignent le déclin considérable de l'état de droit et l'absence de la bonne gouvernance depuis le coup d'Etat de 2009 à Madagascar", ajoute-t-elle.

Selon les Etats-Unis, "l'actuel régime de fait manque d'exercer des responsabilités fondamentales et méprise totalement les normes internationales, que ce soit à travers les abus contre ses citoyens, le harcèlement contre des journalistes, la promotion du commerce illégal de bois précieux protégés, ou en omettant de prendre des mesures contre la traite de personnes en refusant de poursuivre des pédophiles". "Les Etats-Unis exhortent les autorités du régime à cesser tout commerce d'espèces et de bois protégés, et de mettre fin à cette destruction dramatique d'un héritage mondial", conclut le communiqué de l'ambassade américaine.

Les lémuriens, un petit mammifère dont Madagascar abrite la plupart des espèces, viennent d'être classés sur la liste des espèces menacées par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Les Etats-Unis mettent régulièrement en garde le régime de Transition malgache contre toutes sortes de dérives depuis la prise de pouvoir anticonstitutionnelle d'Andry Rajoelina en 2009, qualifiée de "coup d'Etat".

En juin dernier, un rapport américain sur la traite des personnes dans le monde avait classé Madagascar au plus bas niveau, l'exposant à des restrictions budgétaires pour l'année prochaine.

En mars, les Etats-Unis avaient utilisé leur droit de veto pour s'opposer à la reprise des financements de la Banque Mondiale à destination de Madagascar estimant que le gouvernement de Transition était "illégitime".

NDLR : La dépêche a oublié de souligner qu’en dépit de ce droit de veto américain, la Banque mondiale a octroyé 52 millions de dollars pour le projet environnemental III. La raison est toute simple : ce financement est destiné aussi à des ONG américaines, Conservation international et WCS qui avaient vertement critiqué la décision de l’Etat américain et la communauté internationale dans l’ensemble de sanctionner la Transition, les dégâts sur le plan environnemental étant. En condamnant systématiquement le pouvoir d’Andry Rajoelina, les Etats-Unis oublient qu’ils ont aussi une responsabilité énorme en se posant comme le gardien du patrimoine environnemental mondial. Mais avec une politique hypocrite dont on a de plus en plus l’habitude, on ne s’étonne guère de la position du plus grand pollueur au monde qui refuse de participer à l’effort mondial de préservation de la planète. Le refus du protocole de Kyoto, c’est quoi sinon une insulte aux écologistes de tous les pays ?