|
Le dernier round Rajoelina – Ravalomanana se tient actuellement aux Seychelles à l’abri des oreilles indiscrètes.
Les deux protagonistes ne se feront pas de cadeau à entendre Andry Rajoelina, hier à la base aéronavale d’Ivato. L’homme fort de la Transition a en effet élevé le ton, en répondant aux questions des journalistes : « l’ancien président Marc Ravalomanana ne remplit pas les conditions nécessaires pour se porter candidat aux prochaines élections ». Selon encore la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa : « Marc Ravalomanana demeure menacé par la justice ; ses avocats ayant refusé d’être notifiés de sa condamnation, M. Ravalomanana ne peut faire de recours ... ». Et Andry Rajoelina de poursuivre en évoquant le retour de l’ex-chef d’Etat démissionnaire que l’article 20 et 45 de la feuille de route sont clairs. D’un revers de la main, il a balayé l’éventualité d’un retour de M. Ravalomanana au pays pour se présenter aux futures élections, car dans les deux cas, l’exilé d’Afrique du Sud se retrouvera toujours en prison (lire page 3). Par cette intervention, Andry Rajoelina a éliminé d’office la candidature de son adversaire à la prochaine présidentielle et il semble que le chef de la Transition entend défendre cette position coûte que coûte devant les médiateurs de la communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) et ceux de la Commission de l’Océan Indien (COI). Par ailleurs, le tacle d’Andry Rajoelina a été prévisible, puisque l’ex en plus de sa condamnation à perpétuité par le tribunal malgache pour meurtre dans le cadre de l’affaire 7-Février 2009, doit aussi 172 milliards Ariary au fisc. En plus, on ignore encore si l’enquête ouverte par la DPCI sud-africaine sur un présumé crime contre l’humanité, perpétré par Marc Ravalomanana arrivera à sa conclusion avant le mois de novembre puisque tout candidat à la présidentielle devrait résider physiquement au pays six mois avant la date du scrutin. Et si l’enquête de la DPCI aboutit à des poursuites judiciaires, Marc Ravalomanana se verrait bloqué, dépourvu de passeport en Afrique du Sud jusqu’à la fin de son procès. En tout cas, Andry Rajoelina a rassuré la classe politique en affirmant hier « Quelle que soit l’issue du tête-à-tête aux Seychelles, cela ne perturbera pas le calendrier électoral établi par la CENI ». Lambo T. |