Tête-à-tête Rajoelina – Ravalomanana : quid du silence de la SADC ? PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 09 Août 2012 06:59
Les observateurs de la vie politique malgache ont été cloués devant leur petit écran non seulement pour suivre les compétitions des Jeux Olympiques, mais aussi pour s’informer sur l’aboutissement du tête-à-tête Rajoelina – Ravalomanana aux Seychelles. Sur ce, la chaîne « France 24 » et l’Agence France Presse (AFP) ont rapporté dans leurs colonnes que « le face-à-face Rajoelina – Ravalomanana se termine sans accord » en rapportant une déclaration faite par le président de la Transition malgache à l’AFP.

Prévu se tenir en une journée, en l’occurrence hier, le tête-à-tête en question devait se terminer par un accord politique qui mettrait un terme à leur différend (voir notre éditorial en page 5). Mais, Andry Rajoelina aurait assuré à l’AFP : « Il n’y a pas d’accord », sans toutefois donner de détail sur la rencontre.

L’échec de cette nouvelle rencontre entre les deux belligérants a été prévisible. En effet, au lendemain de la première rencontre, Marc Ravalomanana s’est déjà amusé à faire de la provocation en envoyant à Antananarivo sans l’accord du pouvoir transitoire son épouse. En réaction, Andry Rajoelina a non seulement renvoyé dans le premier vol à l’extérieur l’épouse de l’ex mais il a durci le ton en affirmant devant les journalistes avant son départ pour les Seychelles que « Marc Ravalomanana ne remplit pas les conditions d’éligibilité à la candidature aux élections, et que les articles 20 et 45 de la feuille de route sont assez explicites sur son retour au pays ». 

Face à cette évolution de la situation, la communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) reste silencieux et refuse toujours aux journalistes malgaches l’autorisation de couvrir la rencontre. Plus, depuis hier à 23 h 50, la SADC n’est pas en mesure d’informer l’opinion malgache alors que « France 24 » et l’AFP ont déjà relaté les infos. L’amateurisme du bloc régional en matière de communication, qui a pourtant sollicité l’aide des médias pour faire pression sur les deux belligérants, peut aussi être à l’origine de cet échec.

La SADC aura-t-elle encore le temps d’organiser un troisième round, alors que le sommet du bloc régional devrait s’ouvrir jeudi prochain ? Qui sera donc sanctionné et quelles seront les sanctions de l’Afrique australe ?

Lambo T.