Andry Rajoelina: Sa candidature serait inévitable ! PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 11 Août 2012 06:42

Interrogé hier sur une éventuelle candidature ou non du président de la Transition Andry Nirina Rajoelina à la présidentielle de mai prochain, le membre du Conseil Supérieur de la Transition, Vy Vato Rakotovao, est formel : non seulement il peut se présenter, mais impérativement il doit le faire.

A cela, plusieurs raisons que le SG du Tiko i Madagasikara (TIM pro changement) ne manque pas d’énumérer.

« Techniquement, le Président peut se présenter. Politiquement, il doit le faire, car il est dans l’obligation de faire face à ses responsabilités. En effet, c’est lui qui a dirigé la lutte populaire qui a abouti à la démission de Marc Ravalomanana. C’est encore lui qui a promis et qui incarne le changement. Rien que pour ces raisons, il est le candidat naturel du changement », précise l’ancien ministre de l’Agriculture, pour qui, entre autres, changement rime avec renouvellement, sinon rajeunissement de la classe politique.

A bien l’entendre, bien qu’ayant obtenu le départ de Marc Ravalomanana avec la complicité de la population, de la quasi-totalité de la classe politique et des forces de l’ordre, Andry Rajoelina n’a pas encore une onction populaire et il faut donc l’encourager à affronter les urnes. Et lui de prophétiser :

« Sa non candidature entraînera une autre crise. » Pour Vy Vato Rakotovao, la théorie du « ni… ni » (Ni Ravalomanana, ni Rajoelina) est une solution trop simpliste. Car les situations des deux rivaux politiques ne sont pas les mêmes.

Ravalomanana est trop revanchard, obtus, bluffeur

A l’inverse de Rajoelina, Ravalomanana s’est démis de lui-même, et s’est exilé volontairement par la suite, continue le politicien qui a été l’un des lieutenants du président démissionnaire dans un passé récent. « En terme politique, le retour de Ravalomanana n’apportera jamais l’apaisement. Car il est trop revanchard, obtus et bluffeur. En balançant Lalao (épouse de Ravalomanana, ndlr) comme un appât, il ne visait absolument pas l’apaisement, mais a lancé une sorte de défi », continue-t-il.

Et lui de mieux préciser sa pensée : « C’est le bon sens qui l’exige : il ne doit pas revenir pour le moment. Et la SADC doit comprendre cela. C’est le même bon sens qui exige également que Rajoelina se présente, pour être jugé par l’électorat et obtenir une légitimité.» Le politicien ajoute que chaque mouvement populaire qui est par essence légitime est personnifié par un leader, lui-même légitimé par la lutte mais a néanmoins besoin d’une onction populaire par la suite. Et lui de citer l’exemple de l’Egypte et de la Tunisie : ce n’est pas le candidat idéal pour ces pays, d’après la C.I., que leur peuple, qui est souverain, a porté à la magistrature suprême.

Et Vy Vato Rakotovao de réitérer que la grande erreur des médiateurs a été de les mettre sur un même pied d’égalité,  alors que le premier a volontairement fui le pays, tandis que le second représente le mouvement pour le changement. « Si jamais Rajoelina leur fait faux bond, les milliers de manifestants qui se sont sacrifiés pour le changement seront les dindons de la farce et cela va provoquer une nouvelle crise », conclut-il sombrement. Une nouvelle crise d’envergure qui mettrait le pays à genoux pour de bon.

Bernard S.