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Marc Ravalomanana dispose-t-il toujours de nombreux appuis politiques, comme au début de la crise ? Ses concitoyens s’étonnent par exemple de le voir s’entourer de ressortissants sud-africains, pour venir participer à des réunions capitales, comme celles des Seychelles dernièrement.
De source digne de foi, l’ex-président malgache ne dispose plus de politiciens dignes de ce nom, à part une ou deux exceptions comme Rufine Tsiranana, actuelle ministre de la Décentralisation et présidente du groupuscule Parti Social Démocrate, et Ndrianarijaona Ndremanampy alias Satrobory, chef de l’AMF-3FM, autre minuscule parti. L’essentiel de son entourage est donc constitué de Tiko Boys, autrement dit ses employés. Ainsi en est-il de l’ancien chef de Région de Vakinankaratra, Lanto Rabenatoandro, et de sa femme, Olga Ramalason, ancienne maire d’Antsirabe, ville d’implantation de ses principales unités de production, et actuellement ministre du Commerce. Mamy Rakotoarivelo, qui dirige actuellement la mouvance au pays, a été désigné ministre de la Communication en 2002, en sa qualité de patron de presse. Et aussi pour cause d’alliance avec les grandes familles tananariviennes dont il est issu. Politiciens, techniciens, anciens ministres durant son mandat de maire de la capitale et ses 7 ans de présidence : c’est le vide sidéral. Botozaza Pierrot, actuel vice-premier ministre, constitue un cas à part : il était le DG du port de Toamasina et Marc Ravalomanana était le plus gros importateur malgache de l’époque. Leur alliance relève donc plus de la relation de business que de politique. Pourquoi cette désertion massive ? La raison relèverait du caractère trop discourtois de Marc Ravalomanana qui, c’est bien connu au pays, n’avait de considération pour personne : il tutoyait allègrement en public, entre autres, ministres, officiers supérieurs et dignitaires religieux. Pire, comme il limogeait à tour de bras, les malheureux concernés n’apprenaient leur infortune qu’à la télé, au journal du soir ! Sa garde rapprochée n’est donc composée que de simples salariés : consultants, avocat(e), et son professeur d’anglais qui le quitte rarement, M. Olivier. Côté politiciens authentiques, c’est, et depuis assez longtemps, le désert. Ce n’est donc pas étonnant si ce sont des Sud-africains qui l’ont entouré aux Seychelles, bien que cela ait bien frustré son dernier cercle de nationaux encore fidèles : c’étaient des salariés comme les autres. Bernard S. |