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Comme une dent malade. Visiblement, la Sadc se prépare à une opération chirurgicale.
Il s’agit d’éviter qu’une dent malade ne conduise à une gangrène mortelle qui pourrait détruire le tissu socio-politique et économique de Madagascar. Qui de Andry Rajoelina ou de Marc Ravalomanana fera les frais de l’impatience et de l’énervement de la Sadc ? L’organisation est-africaine a déjà prévenu que « le fauteur de foutoir » verra de quel bois elle se chauffe et la communauté internationale itou. Cela signifie en clair, qu’ elle va procéder à une élimination (diplomatique, s’entend) pour éviter le pire à la Grande Ile. Tout blocage du processus de sortie de crise mène au chaos et l’affrontement exacerbé par la crise, due à la personnalisation extrême des problèmes politiques, mène à la guerre civile. C’est la hantise de l’organisation est-africaine. La réponse sortira de la rencontre au sommet de la Sadc prévue à Maputo les 18 et 19 août prochains. A force de tergiversations et de dérobades, de valses hésitations ou de magouilles de maquignons politiques, nous avons fini par gagner que d’autres décident à notre place de notre avenir. Toute médiation internationale dans un conflit interne signe un échec dans l’exercice de la souveraineté nationale et l’absence d’une culture du dialogue. La classe politique malgache ne connaît que le bras de fer. Les Seychelles ont été le théâtre d’une confrontation entre deux « unilatéralismes », un mot à la mode dans une conjoncture où le dialogue politique exclue les concessions et l’écoute. Quand le dialogue est impossible, la violence est le dernier recours. « L’homme n’a pas changé, il ne changera jamais » Point final. Andry Rajoelina passe un message clair à la Sadc. « Ce sera moi ou le chaos ». Le dialogue n’est pas obnubilation ni obsession. Marc Ravalomanana pourrait payer de s’être fixé plus sur son retour au pouvoir que sur les intérêts supérieurs de la nation. Il pourrait payer pour le retour « subreptice » (selon la Sadc) de son épouse à Madagascar. Il pourrait payer pour l’annonce « impromptue » de sa candidature. La Sadc l’a d’ailleurs rappelé à l’ordre de façon peu diplomatique, pour « la » fermer. Il pourrait payer pour toutes les nuisances politiciennes de l’incitation à la désobéissance civile, aux troubles publics, aux discours de la haine, bref pour toutes les manœuvres de déstabilisation d’un petit pays en proie à une crise majeure qui n’a que trop duré. Il pourrait payer pour n’avoir jamais été qu’un homme du pouvoir et de l’argent et non un homme d’Etat au service de la nation. Les ministres et le vice-Premier ministre en charge de l’Economie ont, donc, tressé eux-mêmes la corde qui devrait les pendre, eux, leur mouvance et Marc Ravalomanana. Le boycott délibéré de leurs fonctions gouvernementales semble avoir été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et dessillé les yeux de la Sadc. Les exigences d’apaisement et d’application « effective » de la Feuille de route, que veulent « unilatéralement » imposer la mouvance Ravalomanana, conduisent Madagascar vers le non droit où chacun ne fait qu’à sa tête. Il fallait en finir avant que les choses n’empirent. L’énervement de membres du gouvernement, causé par la « mansuétude » partisane dont bénéficie la mouvance Ravalomanana, n’a pas arrangé la situation. Le chaos naît dans une vie politique agitée par la confrontation d’intérêts. La confiance et la bonne foi ne figurent pas dans le vocabulaire politique. Rien n’est acquis qu’une fois arrivé à bon port, les élections, sans que personne n’ait trucidé personne. Nini ou qui ? Le débarquement en catastrophe d’une délégation de la Troïka, n’est pas fortuit. L’heure est à l’urgence. En tout cas, il n’est plus question d’une troisième ou d’une énième rencontre. La messe est déjà dite sur cette question. Apparemment, le principal objectif de la Sadc semble n’être qu’un accord sur la tenue d’élections aux dates fixées par la CENI après concertation avec l’ONU. Le reste ne sera que des détails de l’Histoire. Il reste à évaluer les effets collatéraux d’une décision de la Sadc et analyser exactement les rapports de force. Il ne faut pas tuer l’homme malade d’Afrique et de l’océan Indien. La démocratie est minée par l’intolérance, le « juqu’au boutisme » et le refus de l’autre. A Madagascar, cette néfaste trilogie a retardé la sortie de crise au-delà du supportable. Elle constitue un danger latent qui continuera même après les élections. C’est exactement ce qu’a compris l’organisation régionale. Elle retourne ainsi aux sources du pouvoir ou ce qui en tient lieu faute d’institutions démocratiquement constituées, pour avoir une idée de ce qui pourrait fonder un consensus acceptable faute de réussir le difficile pari d’une conjonction des contraires. L’un veut le pouvoir en échange de la paix, l’autre s’y refuse au nom de la paix. L’un a déjà avalé sa part de couleuvres, l’autre veut tout, sans rien proposer en échange. L’un exige le changement et la bonne gouvernance, l’autre traîne un lourd passé qui interdit tout chèque en blanc. S’achemine-t-on vers le Ni…Ni ? C’est une option, mais elle n’est pas la seule. Sauf, si la Sadc a déjà choisi son camp. A cet égard, il semble que les dés sont déjà jetés. Telle qu’on connaît notre classe politique, la Sadc ne sera pas chaud pour un autre marathon de négociations comme pour la Feuille de route. Elle milite pour des élections sans casse majeure et l’émergence d’une nouvelle classe politique et d’un vrai homme d’Etat. La question ne portera plus sur le ni ni, mais sur le « Qui et Qui et Qui et Qui ?... » HOLY R. |