Massacre à Marikana : Zuma a son 7 février... PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 18 Août 2012 07:40

Le président sud-africain Jacob Zuma a quitté précipitamment hier le sommet de la Sadc pour se rendre sur le site du massacre de Marikana, à 70 kilomètres au nord de Johannesbourg.

Rappelons que jeudi, la police sud-africaine a tiré sur des mineurs qui revendiquaient une hausse de salaire. Bilan officiel : 34 morts et 78 blessés. Jacob Zuma a en tout cas un remake grandeur nature du drame du 7 février 2009 devant le palais d’Ambohitsorohitra qui a valu une lourde condamnation à Marc Ravalomanana. Les chefs de la Police sud-africaine avancent d’ailleurs des explications qui ressemblent à celles du 7 février : « Pour se protéger contre les assaillants, la Police a dû recourir à la force ». Ou celle-ci : « Les moyens mis en œuvre n’ayant pas suffi à stopper les manifestants, nous pensons profondément que le recours à la force était justifié… ». En tout cas, en arrivant sur les lieux du carnage, Jacob Zuma s’est dit « choqué et consterné », mais a refusé de condamner la Police… Une sorte d’AV7 (association des victimes et de leurs parents) est même déjà née, dénonçant la Police qui « tue nos maris, nos frères et nos enfants », et entonnant près du site les chants de lutte de l’ANC lors de la période de l’apartheid.

Face à ce premier massacre de la période post-apartheid, la population sud-africaine et sous le choc. Les syndicats, les partis et même l’ANC ont appelé à une enquête indépendante. Très médiatisée, l’affaire aura certainement des retombées dans les esprits, même dans ceux des juges sud-africains qui ont en charge le procès Ravalomanana. On sait que suite à une requête de l’AV7 qui réclame 23 millions de dollars de dommages-intérêts, l’affaire du 7 février sera jugée en Afrique du Sud. Si la justice sud-africaine pense que face à la multitude à Marikana, la Police n’avait pas d’autre ressource que de tirer, les juges de l’affaire Ravalomanana pourraient conclure de la même façon…

A.R