Marc Ravalomanana: Un mensonge de plus pour semer le chaos PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 20 Août 2012 08:22
«L’ancien président  n’a pas changé». Il s’agit d’une courte phrase mais qui en dit long prononcée par le président de la HAT (PHAT) Andry Nirina Rajoelina, hier, à Ambohitsorohitra. Effectivement, pour la énième fois et hélas, ce ne sera pas la dernière, l’ancien président démissionnaire a proféré un mensonge, samedi, en prétendant au téléphone depuis l’Afrique du Sud que le sommet des chefs d’Etats de la SADC qui s’était déroulé à Maputo, l’aurait autorisé à rentrer sans conditions et à se présenter aux élections.

Un pur mensonge de plus tiré d’une riche collection de duperies qu’il avait déjà balancé à ses partisans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces derniers accueillent toujours une telle illusion tête baissée avec un optimisme aveugle dicté par un  inquiétant fanatisme incurable. Pourtant, ces fans se font de plus en plus rare et il fallait trouver quelque chose pour les faire rêver afin de les garder dans son camp. Le seul moyen qu’il trouve et d’ailleurs par lequel il excelle, est de mentir.

Est-il encore nécessaire de rappeler que le PHAT n’est pas le seul à s’opposer au retour de l’ex-président pour épargner le pays du chaos que cela pourrait occasionner ?

D’abord, d’aucuns savent que Marc Ravalomanana et ses acolytes  auraient été trop « gourmands » quand ils étaient au pouvoir. Et ce, au détriment de nombreuses entreprises nationales, des industries telle que la Savonnerie Tropicale, victime des importations « sauvages », aux petites et moyennes entreprises familiales. Tout ce petit monde  du business malgache risquerait de replonger dans le noir après son retour.

Tel un hurricane, son retour serait bruyant et dévastateur…et n’épargnerait personne. Même ses « amis » en trembleraient de mille feuilles. Tel qu’on le connaît le Monsieur et son ego, il n’y aurait plus de mouvance Marc Ravalomanana. Il n’en restera que Marc Ravalomanana tout court. Et compte tenu aussi de son attachement inébranlable avec ses « Tiko Boys » dont la grande partie du contingent a pris la fuite à l’étranger au premier coup de sommation, les « intérimaires » pourraient préparer leurs valises.

En tête de liste d’attente de ces « bouche-trous » caracolerait le nom de l’actuel secrétaire général du Tiako i Madagasikara (TIM), Mamy Rakotoarivelo dont la chaise éjectable serait déjà bourrée de bombes à retardement.  Ce qui est sûr  c’est qu’il n’y aura jamais assez de places pour tous les sympathisants, les TIM et les opportunistes sinon les arrivistes GTT dans le quota qui serait attribué à la Mouvance Ravalomanana, quand les Tiko Boys auraient débarqué de nulle part.

Sur un toute autre registre, mais avec la même intensité de traumatisme,  que diraient de ce retour imposé par la SADC, les grandes familles qui seraient persécutées durant ses « règnes » et les militaires que lui et sa bande auraient traité de tous les qualificatifs dégradants ? Comme quoi les militaires seraient plus efficaces quand il s’agit de taper sur les sans défense, mais ils ne pourraient même pas faire face à la bande de Remenabila.

Mais la grande muette comme son nom l’indique, garde son calme et essaie d’oublier ce qu’il a infligé au Tafika malagasy quand il était son chef suprême. Un titre que Marc Ravalomanana avait utilisé à son aise, à tort et à travers au point de ridiculiser les généraux en public. « C’est un général mais je suis son patron. Quand je lui dis de se lever, qu’il se lève !», a-t-il improvisé un jour lors d’une cérémonie officielle quelque part en province que la Télévision nationale avait diffusé dans tout le pays. Nous nous garderons de rappeler l’endroit et la personne concernée pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Qui aurait également oublié que Marc Ravalomanana avait avoué publiquement qu’il avait tenté de corrompre les militaires pour renverser Andry Rajoelina ?

Pour sûr, le retour au pays « sans conditions et lavé de tous ses péchés » de Marc Ravalomanana plongera Madagascar dans le chaos et mettra les Malgaches KO.

Simon R.

Le président déchu a-t-il changé ?

Depuis l’Afrique du sud, là où le concerné s’était exilé en catastrophe en 2009, Marc Ravalomanana a donné une conférence de presse par voie téléphonique à l’endroit de la presse locale. C’était hier après-midi au quartier général de son parti Tiako i Madagasikara (TIM) à Bel’air. L’occasion pour une partie de cette dernière de se faire une certaine idée, pour ne pas dire des idées certaines sur la manière d’être actuelle du président démissionnaire. Apparemment, il est resté ce qu’il était du temps qu’il fut encore chef d’Etat en exercice à Madagascar. Toujours aussi fougueux, voire déchaîné quant il s’agit de défendre ses causes, même si ses intérêts particuliers et ceux de ses cercles d’amis tombent manifestement dans la déviance. Toujours la même forme de jusqu’au boutisme que ses inconditionnels partisans avalent, sans discernement ou presque, à chacune de ses interventions du même genre. En fait, l’on conçoit mal, le contexte sociopolitique et sécuritaire du moment aidant, M. Ravalomanana changer de caractère ou de comportement. Mais il a encore le temps de se corriger, de rectifier sa multitude de tirs de travers durant son règne à la présidence de la République de Madagascar.

Quelques mots, toutefois, à propos de la conférence de presse d’hier dirigée par les leaders actuels du TIM, donc des partisans de la mouvance Ravalomanana dans le cadre de la crise malgache. Primo, Marc Ravalomanana se dit plus ou moins confiant quant à son retour prochain dans le pays. Il appartient à la Troïka de la Sadc de tout mettre au point pour que ce retour au pays d’un personnage encore mal appréciée par une frange importante de l’opinion locale, a fait croire hier l’homme. Quant aux prochaines élections à tenir l’année suivante sur l’île, l’exilé semble décidé à se porter candidat dans le cadre de la présidentielle prévue au mois de mai 2013. « Lors de la dernière rencontre de Maputo, la Troïka a fait part de son souhait de ne pas interférer dans le choix de ses dirigeants par le peuple malgache », assure-t-il sur ce point. Autrement dit, ce dernier est en droit d’élire qui il veut voir à la tête de l’administration étatique.

En tout cas, du moment que Marc Ravalomanana ne remet pas en cause la souveraineté de la Justice de son pays, comme il l’a d’ailleurs affirmé hier, il devra plutôt s’attendre à des poursuites judiciaires contre sa personne. Et ce, dès l’instant où il mettra les pieds sur le territoire national…

Andry Drouot