Vols de bœufs: Les mêmes causes produisent les mêmes effets ! PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 21 Août 2012 09:15

La vie continue de n’être pas rose, pour les éleveurs de bovidés, dans plusieurs régions du pays.

Ainsi, pour la seule matinée d’hier, et selon la Radio Nationale (RNM) et le commandement de la gendarmerie (COM/GN), 144 bandits au moins ont dérobé 179 zébus à Amboasary Sud, à Belo sur Tsiribihina et dans le district de Bekily. Par ailleurs, du côté de Vangaindrano, de nombreux bandits auraient été éliminés lors d’une opération de sécurisation qui y est en cours.

Le phénomène ne date pas d’aujourd’hui, ni même d’hier. Sa fréquence aussi est normale, si on peut le dire, c'est-à-dire qu’elle n’est pas pire que durant les décennies précédentes. C’est le mode opératoire des bandits qui a changé, avec des attaques à la Remenabila, c'est-à-dire en nombre pour déborder les habitants des villages et hameaux, et même de certaines petites villes, et aussi les petits effectifs des postes et brigades de gendarmerie, et des  détachements autonomes de sécurité de l’armée (DAS). Nouveauté de ces dernières années aussi : l’apparition des femmes Dahalo ! Comme rapporté hier sur RNM par leur correspondant à Amboasary Sud, Miandrisoa Christophe : « 144 Dahalo dont 5 femmes ont dérobé 150 têtes de zébus à Tsivory », une commune rurale du bout du monde. Selon ce collègue, les quelques gendarmes présents ont préféré rompre le combat : « Trop peu nombreux, ils n’ont pas participé ». Bilan de cette triste journée : 5 membres du Fokonolona ont trépassé. Hier toujours et à Belo-sur-Tsiribihina, 22 zébus ont été soustraits de force par des bandits mais, fort heureusement, les coups de feu d’un militaire de la 510ème Compagnie de l’armée, unité basée dans cette localité, les a fait fuir en abandonnant leur butin. Du côté du service de communication de la gendarmerie (COM/SRP/GN), 80 bêtes appartenant au chef du Fokontany de  Beakandra, commune de Manakopy et district de Bekily, volées la veille, ont fait l’objet de poursuite de la part des gendarmes et des habitants. Rattrapés à Iaboafo, commune d’Ambatomivaly, le troupeau a pu être récupéré après la débandade des Dahalo, qui ont à l’occasion perdu l’un des leurs. Quant aux animaux, 7 ont été abattus en cours de route par les malfrats, pour leur nourriture et aussi pour freiner l’avance de leurs poursuivants. A Vangaindrano, dans la Région Sud Est, le chef de Région, le colonel Nakany Belone a déclaré que de nombreux bandits ont décédé hier lors d’une opération de sécurisation qui a duré 2 mois. Autrement dit, cela fait 60 jours environ que les paysans de là-bas sont enfin en paix. Et le colonel de rassurer que l’opération continue.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, tant que les effectifs des forces de l’ordre demeurent largement insuffisants, que leurs matériels roulants sont en nombre symbolique, que les indemnités de déplacement sont à peine réglées et que celles de risque sont infiniment moins importantes que celles exigés par les professeurs d’université, l’insécurité demeurera un problème majeur pour le pays. Et même si tout cela est corrigé, si les magistrats et les gardiens-chefs des prisons refusent d’être intègres, poussant les policiers et les gendarmes à la corruption à leur tour, l’insécurité continuera d’être  d’actualité, encore et toujours.

Bernard S.

 

Vols de bœufs: Les mêmes causes produisent les mêmes effets !

La vie continue de n’être pas rose, pour les éleveurs de bovidés, dans plusieurs régions du pays. Ainsi, pour la seule matinée d’hier, et selon la Radio Nationale (RNM) et le commandement de la gendarmerie (COM/GN), 144 bandits au moins ont dérobé 179 zébus à Amboasary Sud, à Belo sur Tsiribihina et dans le district de Bekily. Par ailleurs, du côté de Vangaindrano, de nombreux bandits auraient été éliminés lors d’une opération de sécurisation qui y est en cours.

Le phénomène ne date pas d’aujourd’hui, ni même d’hier. Sa fréquence aussi est normale, si on peut le dire, c'est-à-dire qu’elle n’est pas pire que durant les décennies précédentes. C’est le mode opératoire des bandits qui a changé, avec des attaques à la Remenabila, c'est-à-dire en nombre pour déborder les habitants des villages et hameaux, et même de certaines petites villes, et aussi les petits effectifs des postes et brigades de gendarmerie, et des  détachements autonomes de sécurité de l’armée (DAS). Nouveauté de ces dernières années aussi : l’apparition des femmes Dahalo ! Comme rapporté hier sur RNM par leur correspondant à Amboasary Sud, Miandrisoa Christophe : « 144 Dahalo dont 5 femmes ont dérobé 150 têtes de zébus à Tsivory », une commune rurale du bout du monde. Selon ce collègue, les quelques gendarmes présents ont préféré rompre le combat : « Trop peu nombreux, ils n’ont pas participé ». Bilan de cette triste journée : 5 membres du Fokonolona ont trépassé. Hier toujours et à Belo-sur-Tsiribihina, 22 zébus ont été soustraits de force par des bandits mais, fort heureusement, les coups de feu d’un militaire de la 510ème Compagnie de l’armée, unité basée dans cette localité, les a fait fuir en abandonnant leur butin. Du côté du service de communication de la gendarmerie (COM/SRP/GN), 80 bêtes appartenant au chef du Fokontany de  Beakandra, commune de Manakopy et district de Bekily, volées la veille, ont fait l’objet de poursuite de la part des gendarmes et des habitants. Rattrapés à Iaboafo, commune d’Ambatomivaly, le troupeau a pu être récupéré après la débandade des Dahalo, qui ont à l’occasion perdu l’un des leurs. Quant aux animaux, 7 ont été abattus en cours de route par les malfrats, pour leur nourriture et aussi pour freiner l’avance de leurs poursuivants. A Vangaindrano, dans la Région Sud Est, le chef de Région, le colonel Nakany Belone a déclaré que de nombreux bandits ont décédé hier lors d’une opération de sécurisation qui a duré 2 mois. Autrement dit, cela fait 60 jours environ que les paysans de là-bas sont enfin en paix. Et le colonel de rassurer que l’opération continue.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, tant que les effectifs des forces de l’ordre demeurent largement insuffisants, que leurs matériels roulants sont en nombre symbolique, que les indemnités de déplacement sont à peine réglées et que celles de risque sont infiniment moins importantes que celles exigés par les professeurs d’université, l’insécurité demeurera un problème majeur pour le pays. Et même si tout cela est corrigé, si les magistrats et les gardiens-chefs des prisons refusent d’être intègres, poussant les policiers et les gendarmes à la corruption à leur tour, l’insécurité continuera d’être  d’actualité, encore et toujours.

Bernard S.