Hanitra Razafimanantsoa: « Ce n’est pas le moment d’ironiser » PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 22 Août 2012 09:22
Me Hanitra Razafimanantsoa, avocat de la mouvance Ravalomanana et vice-présidente du Conseil Supérieur de la Transition (CST), entendue hier :

« Nous savons parfaitement pourquoi ces officiers de l’armée ont été convoqués à Maputo. Ce n’est pas pour les raisons qu’ils invoquent, mais nous n’en dirons rien car ce n’est pas le moment d’ironiser… ». Selon les trois officiers devant la presse à leur retour de Maputo, ils ont été consultés sur l’opportunité du retour de Marc Ravalomanana et ont répondu ainsi : « Son retour n’est pas de nature à ramener l’apaisement ». Ce qui aurait donc conduit la Sadc à décider de l’envoi d’une mission d’évaluation dans l’île pour étudier l’impact du retour de l’ex-chef d’Etat.

Pourquoi effectivement les trois officiers ont été appelés à Maputo ? Peut-être car ils ont été rappelés à l’ordre concernant la répression des manifs d’opposants. Rappelons que des manifestations dans la capitale ont été dispersées de façon musclée, notamment celles de la mouvance Ravalomanana en avril-mai dernier. Les émissaires de la Sadc se sont présentés sur les lieux à Ambohijatovo, et leur présence a provoqué l’irritation de chefs comme le général Richard Ravalomanana. Suite peut-être au rapport fait par ces délégués de la Sadc, des consignes de modération ont peut-être été données à ces officiers à Maputo, d’autant que la feuille de route reconnaît la liberté de manifestation en son article 17. Des consignes de modération peut-être aussi sur les « mouvements » dans les casernes, comme la mutinerie du mois dernier écrasée dans le sang alors que les voies du dialogue n’étaient pas encore épuisées.

La Sadc n’ignore pas que des factions favorables à tel ou tel autre chef politique (par exemple à Marc Ravalomanana) existent dans l’Armée, et que les écraser à coups de kalachnikov n’est pas le meilleur moyen d’instaurer l’apaisement. En dernier ressort, la Sadc a peut-être aussi invité l’Armée à se recentrer sur sa vocation initiale qui est la protection des personnes et des biens. Et ceci, suite toujours aux rapports des délégués de la Sadc qui ont remarqué la montée du grand banditisme dans les zones urbaines et surtout rurales, phénomène que l’Armée n’arrive pas à enrayer…

En tout cas, les trois officiers ont protesté de leur neutralité et signalé que la mission militaire aurait dû rejoindre Maputo dans un avion à part, et non dans celui du président de la Transition. Mais le public a remarqué le fait suivant : ces officiers doivent leurs positions à l’actuel régime, et rejettent donc le retour de Marc Ravalomanana qui constitue une menace pour leurs postes juteux.

A.R.