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Il y a 25 ans: La nuit tragique des Kung Fu |
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Samedi, 31 Juillet 2010 05:34 |
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Il y a vingt cinq ans exactement, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1985, les troupes d’élite du régime révolutionnaire prenaient d’assaut les deux camps des Kung Fu dans la capitale, l’un à Behoririka et l’autre à Ambatomainty.
L’attaque, faite au moyen de fusils d’assaut, de grenades, de blindés légers, de lance-flammes, de bazookas a fait au total 19 morts selon les chiffres officiels. Mais les observateurs éclairés de l’époque évaluent à au moins 75 le nombre des tués, notamment car les Kung Fu avaient subodoré l’intervention et avaient étoffé la garde nocturne dans les deux camps (en fait des dojos pour être précis). Fondée en 1980 par le « grand maître » Rakotoarijaona Pierre Mizael dit Pierre Be, la discipline Kung Fu a presque aussitôt attiré une énorme masse d’étudiants, de scolaires, d’artisans et de petits fonctionnaires. Les Kung Fu ont suppléé les forces de l’ordre impuissantes dans la capitale, et ont pourchassé et arrêté les voleurs à la tire, les pickpockets et bandits en tous genres, s’attirant ainsi la sympathie de la population. En décembre 1984, ils ont lancé un assaut sanglant mais réussi contre le camp des TTS en plein cœur de la capitale. Les TTS étaient des jeunes des bas quartiers entretenus et protégés par le régime révolutionnaire, mais qui se livraient à de nombreuses exactions contre la population. Considérés par le régime comme un Etat dans l’Etat, les Kung Fu furent brutalement attaqués et écrasés dans le sang le 31 juillet 1985, les assaillants ayant mis surtout un soin à éliminer leur chef Rakotoarijaona Pierre. Le FFKM (Conseil Œcuménique des Eglises) dénonça vivement l’assaut et vit son étoile monter à partir de ce moment là. Brutalité inacceptable et atteinte flagrante aux droits de l’homme, la tragédie des Kung Fu a cristallisé les rancoeurs contre Didier Ratsiraka et fédéré les opposants au régime. L’attaque a monté la population tananarivienne contre le pouvoir révolutionnaire, lequel cinq ans plus tard, lors du mouvement populaire de 1991, sera mis à genoux et jeté à terre. |