Variation des prix alimentaires : Forte sensibilité des ménages urbains PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 10 Mars 2010 05:21
En milieu urbain, le revenu monétaire joue un rôle important dans l’acquisition de nourriture. Comme l’insécurité alimentaire touche une proportion élevée de citadins – 59,6% dans les grands centres urbains (GCU) et 62,7% au niveau des centres urbains secondaires (CUS) – on peut déduire qu’elle provient de la faiblesse du revenu et du pouvoir d’achat, elle-même liée à trois causes :  le niveau élevé du sous-emploi ; la faiblesse des salaires et  l’inflation.

Le salaire est la principale source de revenu des ménages urbains. Les ménages urbains sont donc fortement dépendants du marché du travail. Or le taux de sous emploi y est très élevé (autour de 53%).

Dans les 7 Grands Centres Urbains (GCU), le marché du travail est dominé par le secteur informel qui utilise plus de 46% des actifs occupés. Malheureusement, selon les données onusiennes, le revenu du secteur informel est faible (inférieur de 30% à la moyenne). Deux employés sur trois de ce secteur perçoivent moins du SMIG horaire  contre 6% de ceux du secteur public formel et 38% de ceux du secteur privé formel.

En outre le pouvoir d'achat du revenu a été souvent rongé par la forte inflation qu’a connue le pays au cours de la dernière décennie. Des estimations ont montré une forte sensibilité des ménages urbains à la variation des prix alimentaires : une hausse de 10% du prix du riz entraînerait une baisse de 7% de la consommation en riz des ménages urbains moyens.

Les causes profondes de l’insécurité alimentaire chronique en milieu urbain sont , d’après toujours le système des Nations Unies : la politique de change et  le profil de l’activité économique. En effet, les dévaluations successives du Franc malgache ont été à la base des hausses des prix qu’a connue le pays, via la hausse des coûts des intrants tels que le carburant ; hausses qui se sont répercutées sur les prix des aliments, les loyers et le transport urbain. Par ailleurs, la prépondérance du secteur informel dans l'économie implique des conditions d’emploi moins favorables et moins bien rémunérées.