déclic et des claques: La chaîne d’amitié des affamés PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 10 Mars 2010 05:33
A la fin de notre article sur la grève des médecins, nous avions annoncé celle des professionnels de l’éducation et cela n’a pas manqué. Etant donné que l’Etat a cédé aux médecins et aux militaires, il n’y a aucune raison pour qu’il ignore les autres revendications. Puisque Andry Rajoelina est plus disposé que Marc Ravalomanana à soulager la misère du monde, c’est le moment ou jamais de réclamer ses droits. Ceux qui ne le font pas apparaîtront comme les dindons de la farce. Pour les néophytes, la fonction d’enseignant est un métier facile, exempt de risques et de responsabilités et bourré d’avantages, notamment en ce qui concerne les vacances. Pourtant, la réalité revêt d’autres aspects moins attrayants. Les cours, aussi passionnants soient-ils, sont épuisants et exigent des heures et des heures de préparation, les corrections de copies sont harassantes et la rémunération n’est pas à la hauteur des sacrifices. Il s’agit d’une profession ingrate qui relève du sacerdoce. Pourtant, elle est au cœur du développement d’une nation. Si les militaires sont censés défendre les biens et les personnes et si les médecins sont censés défendre notre état de santé, les enseignants sont censés défendre l’avenir de nos enfants. Ils ne vont pas nourrir leurs propres enfants avec des morceaux de craie. L’équipe dirigeante de la Transition n’a certes pas pour mission de résoudre les problèmes de fond qui touchent tous les secteurs mais la pire des erreurs serait de négliger l’enseignement en méprisant les enseignants qui en ont assez d’être considérés comme des valets de service. En jouant au seigneur au grand cœur avec les militaires et les médecins, le gouvernement s’est peut être tiré une balle dans le pied. Aujourd’hui, il peut difficilement se réfugier derrière l’argument selon lequel les caisses de l’Etat sont vides. Il se trouve dans une situation inconfortable d’assiégé car il n’a pas d’autre choix que de satisfaire toutes les revendications, de peur que les foyers de tension ne dégénèrent en un mouvement de contestation incontrôlable. Comme d’habitude, il va essayer de gagner du temps à travers des promesses et des diversions mais les enseignants, qui en ont vu d’autres, ne se laisseront certainement ni berner ni bercer. Après les revendications des professeurs de l’enseignement supérieur, suivront celles des enseignants des niveaux secondaire et primaire, en attendant les magistrats, les policiers, les pompiers, les douaniers…Il est encore temps de se joindre à la chaîne d’amitié des affamés. Profitez vite de la générosité folle du gouvernement car, après le temps des cerises, il faudra retrouver le temps de la crise et affronter le vide.

Phil de Fer