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Le Bureau de l'UNICEF à Madagascar et le Centre d'Analyse et de Prospectives sur le Développement à Madagascar (CAPDAM) ont officiellement procédé au lancement de l'ouvrage Les Jumeaux de Mananjary, entre abandon et protection.
La publication, écrite par Gracy Fernandes, Ignace Rakoto et Nelly Ranaivo Rabetokotany, retrace, en treize chapitres, la violence perpétrée sur les enfants jumeaux dans leur intégrité physique et psychologique, les diverses manifestations des violations de leurs droits dans les cadres familial, communautaire et administratif, mais aussi les facteurs de protection et les bonnes pratiques locales existantes pour soustraire les enfants jumeaux à un interdit discriminatoire. Selon la coutume des Antambahoaka, populations du district de Mananjary, la naissance des jumeaux est considérée comme un événement maléfique, pouvant attirer le malheur sur les parents biologiques qui les gardent. Les jumeaux se retrouvent ainsi abandonnés à la naissance par leur famille d'origine, et sont privés du droit de vivre avec leurs parents biologiques. Exclus de la communauté, les enfants jumeaux ne sont pas non plus admis aux cérémonies rituelles et sont souvent rejetés par leur clan. Ceux qui choisissent d'élever et d'éduquer leurs enfants jumeaux, de leur côté, font aussi l'objet de discrimination. L'abandon des enfants, surtout en milieu rural où ils " sont déposés au pied d'un arbre ou aux bords de la route dans un panier ou dans un carton ", a des impacts sur leur santé et leur survie. " Le manque de soins aggravé par le froid et l'état de choc devient fatal pour ces bébés jumeaux abandonnés. Leur espérance de vie est dramatiquement faible (…), la plupart meurent avant la fin du premier semestre, les principaux fléaux qui les guettent étant la dysenterie (diarrhée), l'état avancé de malnutrition et, pour les riverains du canal de Pangalana, la drépanocytose", indique l'ouvrage. Des voix commencent néanmoins à s'élever contre cette coutume. " Un refus de l'interdit frappant les jumeaux existe au sein de la communauté Antambahoaka. Des familles espèrent une prise de conscience au sein même de la communauté en faveur de la suppression du tabou", signale Gracy Fernandes, l'une des auteures de l'ouvrage. "Ces personnes demandent la protection de l'Etat, non seulement en termes de soutien moral et matériel, mais particulièrement en termes de mesures sages et clairvoyantes qui leur permettront d'être Antambahoaka tout en étant délivrés de l'interdit jeté sur les jumeaux ", poursuit-elle. Au village de Fanivelona, se trouvant dans le district de Nosy Varika, situé à 100 km au nord de Mananjary, là même où la tradition orale indique l'origine du tabou, l'interdit a été définitivement supprimé lors d'une cérémonie de levée d'interdit en 1982, selon l'exposé d'Ignace Rakoto, co-auteur de l'ouvrage. Par ailleurs, des Centres accueillent les enfants jumeaux abandonnés à Mananjary, mais cette solution reste provisoire. La loi sur les droits et la protection de l'enfance adoptée en 2007 prévoit, en outre, des mesures contre l'abandon d'enfants (…). |