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Nous avions évoqué récemment une maladie qui affecte le régime de transition. Il s’agit de la « complotite », maladie qui consiste à rameuter le public pour un rien en criant au complot ou au coup d’Etat. Ce mal s’est encore manifesté récemment quand six fusils de chasse ont été découverts chez un particulier. Selon la DST (Direction de la sécurité du Territoire), cet arsenal visait à éliminer physiquement le chef de la transition Andry Rajoelina et le président du CST, Raharinaivo Randrianantoandro. Depuis, l’affaire a sombré dans l’obscurité…
Une autre maladie qui frappe le régime de transition a fait son apparition ces derniers temps. Il s’agit de la « commissionnite », affection qui consiste à créer des commissions quand l’exécutif butte sur une grosse difficulté. Ainsi, hier en conseil de gouvernement, il a été décidé de mettre sur pied une commission d’enquête sur les affrontements meurtriers qui ont affecté la semaine dernière l’Université de Toamasina. Signalons qu’il y a moins d’un mois à Toamasina, une commission d’enquête a déjà été montée pour examiner les circonstances du naufrage qui a coûté la vie à la ministre Nadine Ramaroson. L’équipe a publié un rapport court et peu convaincant, puis s’est camouflée, peut-être pour toujours. La commission d’enquête sur l’Université va certainement aussi fournir de vagues conclusions, puis fera le mort définitivement. Une commission d’enquête sous l’actuel régime, c’est la meilleure façon d’éviter la démission des responsables qui ont commis des manquements. C’est aussi une excellente façon d’enterrer à tout jamais une affaire délicate. Nous l’avions déjà dit, dans nos Universités, la genèse des affrontements meurtriers entre étudiants se rapporte presque toujours aux « bals des étudiants natifs », comme ce fut le cas encore une fois à Toamasina. Des frictions y apparaissent soit pour des histoires de filles, soit car un groupe a été refoulé à l’entrée, soit aussi car des bandes en état d’ébriété s’y livrent à de la provocation. Si les autorités administratives, académiques et militaires de Toamasina étaient vigilantes, elles auraient encadré étroitement ce bal des natifs du Sud-Est avec d’importants détachements de forces de l’ordre. Comme il n’en a rien été, les frictions sont apparues et ont conduit à des accrochages où il y eut mort d’homme. Maintenant, pour cause de laxisme et de négligence, l’unité nationale est même menacée…R. A.R. |