Région Melaky: Sourde frustration…
Culture
Mardi, 27 Septembre 2011 06:37
Maintirano est le chef-lieu de la Région Melaky. Cette Région n'est pas, malgré l'éloignement, la plus mal lotie de toutes. Mieux, elle abrite sur son sol des sites d'extraction de fer, mais également des mines de goudron, sans oublier les fameux Tsingy, une attraction touristique majeure. Ce qui n'empêche pas les habitants, du moins l'élite, d'éprouver un poignant sentiment d'injustice au vu de la répartition de leurs richesses…

" Les richesses sont chez nous, mais ce sont les autres qui en tirent profit ! " Voilà, en une phrase, ce que reprochent certains habitants, parmi les plus éduqués, à l'encontre du pouvoir central. Concernant le goudron produit à Bemolanga, dans le district de Morafenobe, " alors qu'il y a à peine 15 kilomètres de route goudronnée dans toute la Région, on utilise ce goudron comme vitrine à Moramanga ". Quant à l'argent de WISCO, dont les installations chevauchent les deux Régions de Boeny et de Melaky (Soalala), tout va dans la capitale, et on ne remarque même pas si des miettes sont laissées pour la Région, selon toujours nos sources. Quant aux Tsingy de Bemaraha, c'est la Région Menabe qui bénéficie des recettes générées par les activités touristiques. Alors que les spectaculaires montagnes de rochers escarpées se trouvent dans le district d'Antsalova, dans la Région Melaky ! Et pour expliciter leur thèse, nos informateurs assurent que traverser de part en part la Région Menabe n'est pourtant pas le plus court chemin pour arriver aux Tsingy depuis la capitale.  Puisque de Tana à Maintirano, il n'y a que 500 kilomètres, et de Maintirano à Bekopaka, 200 kilomètres. Soit un total de 700 kilomètres. Tandis qu'en contournant par Morondava qui est le chef-lieu de la Région Menabe, le touriste doit parcourir un total de 1200 kilomètres : Tana -Morondava 1000 kilomètres, et Morondava-Bekopaka 200 kilomètres.

Que font donc les élus de la Région Melaky, pour ne pas plaider auprès du gouvernement sur ces anomalies qui portent préjudice aux intérêts de cette Région si naturellement riche ? La réponse arrive, cynique et blasée : " Ils sont préoccupés par la bataille des sièges dans la capitale, au point de laisser totalement à côté les problèmes de leurs administrés, trop loin de l'endroit où ils se trouvent. "

Bernard Saraléa