Rétention des véhicules de l’UNICEF: Des institutions prennent en otage les écoliers
Societe
Vendredi, 30 Septembre 2011 05:51
Inconscient et de l’égoïste. C’est ce que beaucoup de gens pensent du chef d’institution de la Transition qui a déclaré cette semaine qu’il avait besoin du véhicule acheté pour l’Unicef pour le compte du ministère de l’Education nationale. Réagissant sur la question, l’Observatoire de la vie publique ou Sefafi avance que dans les pays développés, des chefs d’institution prennent le bus et pourquoi pas chez nous ? Rappelons que selon un classement international récent, les Malgaches ont les pires politiciens du monde. Si les véhicules achetés par l’Unicef ne reviennent pas à qui de droit, cette agence onusienne est dans l’obligation de bloquer le financement pour l’achat de kits scolaires pour les écoliers. Comme quoi, des politiciens avides d’un train de vie luxueux prennent en otage les écoliers. Et il faut signaler que ces derniers sont souvent issus de familles défavorisées. Les gosses de riches n’ont rien à faire d’un kit scolaire offert par qui que ce soit. Mais ils sont peu nombreux par rapport aux enfants de pauvres et de miséreux.

Il faut, en effet, rappeler que 56% ou 11 millions de Malgaches vivent dans l’extrême pauvreté. Ce sont les enfants de ces gens-là qui ont un besoin urgent d’être soutenus pour leur scolarisation. Mais le revenu de leurs parents n’atteint même pas 2 500 Ar par jour. A côté, un chef d’institution ose bénéficier d’un véhicule de l’Unicef et tire ainsi un trait sur les kits scolaires devant revenir aux enfants des pauvres. Il touche toutefois un revenu mensuel d’au moins 40 fois plus élevé que celui des mé-

nages pauvres dont les dépenses moyennes pour la scolarisation des enfants n’atteignent même pas 40 000 Ar. Mais il n’entend pas se passer d’une voiture 4x4 dont il n’est pas le destinataire. En fait, le comportement des politiciens concernés par ce problème des véhicules de l’Unicef reflète le degré de patriotisme de la classe politique malgache. Il fait aussi écho aux conflits actuels sur la répartition des postes au sein de la transition consensuelle et inclusive. Des formations politiques veulent y faire leur entrée à tout prix alors que celles qui y sont déjà ne veulent en aucun cas quitter leurs postes. Et dans la grande majorité des cas, ce geste n’a rien de patriotique. Il s’agit juste de profiter de la transition pour vivre au crochet de l’Etat et donc des contribuables, et si possible, vivre comme des riches et/ou avoir les possibilités de tremper dans des affaires louches.

Rappelons que si les tâcherons de la capitale n’ont pas connu les difficultés des grandes entreprises du BTP depuis 2009, c’est grâce à la soudaine richesse d’officiers supérieurs de la gendarmerie et de l’Armée. Ces derniers ont fait construire de grandes villes dont la décoration est souvent tarabiscotée. Ce type de décoration dénote le trait qui caractérise les nouveaux riches. Il ne facilite pas la tâche aux tâcherons mais ces derniers ne s’en font pas : les fruits des trafics illicites de ces officiers supérieurs leur ont permis d’avoir des chantiers. Une villa coûte entre 800 millions Fmg (160 millions Ar)  et 240 millions Ar (1,2 milliard de Fmg).