EDITORIAL: A quand le nouveau gouvernement ?
Edito
Mardi, 08 Novembre 2011 09:04
Il faut que le nouveau Premier ministre sorte de sa torpeur. Bien qu’ayant la tête dans les nuages, qu’il garde les pieds sur terre. Omer Beriziky ne semble pas encore conscient qu’il est aussi chef de l’exécutif. Ce que l’on attend de lui, a court terme, c’est de former de concert avec Andry Rajoelina, un gouvernement d’union nationale. On laisse entendre que les tergiversations de M. Beriziky sont a l’origine d’un tel retard... D’ailleurs, hier, le Premier ministre a déclaré que les consultations proprement dites ne débuteront que ce jour. Pire: il a fait savoir que le gouvernement de consensus ne sera peut-être constitué qu’après le 17 novembre, date butoir, décidée lors de sa nomination. Cela n’est guère sérieux.

On ne sait plus à quel saint se fier : à Andry Rajoelina ou à Omer Beriziky ? Le comble, c'est d'apprendre que le Premier ministre voudrait dissuader Marc Ravalomanana de participer a la formation du prochain gouvernement. On rêve ! Qu'il laisse ce monsieur jouir tranquillement de son exil en Afrique du Sud. Ce n’est quand même pas M. Ravalomanana qui va empêcher Madagascar de sortir de la crise. Trop, c’est trop.

Heureusement que la Troïka a su, ces derniers jours, résister aux incessants clins d’œil, aux nombreux appels du pied de l’ancien Président malgache... En effet, la Sadc a enfin compris que l’homme n’a plus aucune influence au sein de la classe politique locale. S’il existe politiquement, c’est grâce à certains médias tananariviens. Triste.

Dans tous les cas, l’actuel Premier ministre détient toutes les cartes pouvant évacuer les problèmes de ce pays. Dommage: même former une simple équipe gouvernementale ne paraît pas à sa portée. Une formation dont la durée de vie n’excéderait pourtant pas huit mois...

Néanmoins, que M. Beriziky ne lâche pas prise, et surtout ne pas se laisser impressionner, embobiner par ces pseudo techniciens, ces racailles de politiciens qui entourent le président de la HAT qui veulent placer leurs poulains à Mahazoarivo. Non ! Beaucoup de politiques, consciencieux des difficultés de l’île dont des diplomates occidentaux, lui suggèrent de présenter son gouvernement au plus tard le 13 novembre. Car après, ca pourrait être le déluge. Notons que les rares discours du chef de gouvernement sont étonnamment plats. Quelque part, ça manque de punch. Il doit recruter de vrais spécialistes en communication. En effet, certains craignent, à tort ou à raison, que nous sommes en présence d'un Premier ministre mou, influençable à souhait...

Il faut des hommes, des dirigeants à poigne pour rétablir l’ordre, la justice, la confiance entre gouvernants et administrés. Toutefois, jusqu’à preuve du contraire, ni Andry Rajoelina ni,Omer Beriziky ne donnent le sentiment de maîtriser leur sujet.

Ce que l’on demande, c’est qu’ils accordent leurs violons afin que le futur gouvernement ne soit pas un panier de crabes. De toute manière, pour ces deux hommes, le temps joue contre eux, et en traînant les choses, ils font le lit de leurs adversaires...

Franck RAHARISON