Groupe SOLIKA: Une voix d’or s’est éteinte

Les artistes malgaches sont en deuil, et particulièrement le Groupe SOLIKA qui vient de perdre  un des siens, en la personne d’ ANDRIAMBOLOLONA Jacques dit Mimi ou René ou surtout Zaka pour les plus intimes. Zaka nous a quittés Vendredi dernier après avoir été terrassé par une longue maladie qui l’a obligé d’être cloué au lit ces dernières semaines. Ce fanatique du foot - il évoluait au sein de l’AS St Michel jusqu’au niveau Vétérans – était doublé d’un chimiste chevronné , il occupait alors le poste de  technicien supérieur à la Jirama jusqu’à sa retraite. Mais sa principale préoccupation , pour ne pas dire son péché mignon, fut son fanatisme pour l’art, et plus précisément pour la chanson théâtrale. Les amateurs de Hira Tranainy l’ont adulé et sont restés émerveillés chaque fois qu’il se produisait sur scène. On ne se lasse pas d’apprécier ce ténor nostalgique aigu à la Rajoro, teinté de beaucoup de sentiment typiquement malgache et adapté à merveille à des chansons  très connues et reprises par l’ATAUM des années 70-80 , puis par SOLIKA depuis les années 90. « Tsy amidy ny angola », « Hahery va re ‘lay ankaso », « Eritreritra », « Dobla sento », « Ny fo mifanaraka », « Fitiavana moana », entre autres,  sont des morceaux qui ont été marqués par son immense talent.

Une foule compacte d’amis et de connaissances a tenu à lui rendre un dernier hommage, depuis les veillées à Anjanahary, la cérémonie religieuse à l’ECAR Manjakaray et jusqu’à sa dernière demeure à Ambohitrimanjaka. La Gazette de la Grande Ile s’associe au deuil de toute la famille éplorée, car un grand artiste ne meurt pas, ses œuvres restant gravées à jamais dans tous les cœurs. Merci Zaka de nous avoir bercés de cette voix chaude et un peu rauque, de cette voix mélodieuse et unique et modulée agréablement par les « angola », dont tu es l’un  des rares interprètes qui en détiennent le secret.

R.V.