Kidnapping: Libération des impliqués dans l’enlèvement de la jeune hindoue
Societe
Mardi, 27 Décembre 2011 10:05
On l’avait annoncé dans nos colonnes : une forte mobilisation des forces de l’ordre, notamment de la Gendarmerie nationale, dans l’enlèvement de la jeune hindoue de 15 ans le mercredi 7 décembre dernier, à Ambatobe (lire notre édition du 8 décembre 2011).

Nos sources nous avaient livré l’information, pas vraiment pour essayer de bousculer les kidnappeurs,  mais surtout pour encourager les gendarmes chargés du dossier. Effectivement, ces derniers ont réussi à pister les présumés auteurs et commanditaires de la jeune « karana ». Leur enquête a conduit jusqu’à Mahajanga d’où ils ont ramené, la semaine dernière, un certain Dimitri et quatre ressortissants « karana » dont deux femmes. A première vue, la cible visée était le frère de la jeune fille, un grand opérateur de la Cité des Fleurs qui avait été déjà victime d’un kidnapping en 2009. D’ailleurs, des indiscrétions parlent aujourd’hui d’une rançon de 300 000 dollars (plus de 3 milliards Fmg) exigée par les ravisseurs mais on ne sait pas le montant versé, s’il y a eu versement.

Depuis une semaine, les interrogatoires ont donc été menés par les gendarmes à Antananarivo. Mais depuis, les interventions ont cessé : pour chercher la libération des présumés impliqués dans l’affaire, laisse-t-on entendre. Une personne apparemment richissime aurait avancé un chiffre. Puis un membre du Congrès de la Transition était venu pour la même proposition. Des prétendus membres des droits de l’homme étaient par la suite intervenus en arguant que le délai légal de garde à vue était dépassé. D’après nos mêmes sources, une grosse ponte de la Gendarmerie nationale aurait par la suite donné l’ordre aux enquêteurs d’abandonner purement et simplement la poursuite des prévenus. Très respectueusement, les enquêteurs lui auraient demandé de transmettre l’ordre au général Richard Ravalomanana qui suit personnellement le dossier. Apparemment, aucun n’a osé intervenir auprès du général Ravalomanana. Ce serait le procureur de la République qui a pris le relais en demandant aux enquêteurs ce qu’on appelle dans le jargon de la police judiciaire un DAT (dossier à transmettre). Cette procédure demande la transmission du dossier au Parquet. Las de ces multiples interventions, et après avoir bloqué l’enquête, les enquêteurs ont décidé de procéder au déferrement, hier. Les cinq prévenus ont été alors… libérés par le procureur de la République, indiquent des sources proches du dossier tout en précisant qu’il n’y aucune « délégation judiciaire », c’est-à-dire une disposition laissant libre la poursuite dans cette affaire. Est-ce à dire que les cinq prévenus sont libres pour de bon ? Quid des autres éventuels complices ?

En tout cas, les multiples tentatives d’intervention et la libération des présumés impliqués ne sont pas pour crédibiliser la Justice. Surtout en cette période trouble marquée par le conflit entre magistrats et policiers. Mais quand on voit la tournure de cette affaire, on comprend maintenant pourquoi le phénomène kidnapping ne peut être éradiqué.

Sa