Filière litchi et Climat: Madagascar perdra le marché européen
Economie
Mercredi, 28 Décembre 2011 07:43
Des opérateurs agricoles tirent la sonnette d’alarme : « Si la situation actuelle perdure, le pays perdra dès l’année prochaine des parts de marché. Si l’on prend l’exemple du litchi, nous craignons fort de ne plus pouvoir livrer des fruits sur le marché européen pour la période d’avant-Noël ». Ils expliquent que faute d’une production abondante, les prix au producteur augmentent alors que la qualité n’y est pas du tout. Cette année, le litchi tout venant s’achète entre 1 100 et 1 200 Ar/kg à Toamasina. Et comme la plupart des opérateurs redoutent de ne pas atteindre le volume requis, ils ne font plus du tri et expédient des produits dont la qualité laisse à désirer. Tout ceci est le résultat du changement climatique qui dérègle le calendrier cultural, la saison des pluies et la pluviométrie. La production ne répond plus à la demande, alors que la qualité se détériore. Nos interlocuteurs estiment que Madagascar risquera fort de ne plus pouvoir proposer du litchi sur le marché européen pour Noël 2012. Il sera devancé par d’autres concurrents et pourra perdre cette part de marché.

Ses litchis pourraient n’arriver sur le marché européen qu’après Noël et n’intéresseront plus grand-monde. Les expéditions au 30 novembre dernier censées servir le marché de Noël étaient seulement de 5 800 palettes. L’objectif était de 6 500 palettes.  Il n’y a pas que le litchi. Les autres filières sont concernées par le désastre du changement climatique. L’on peut citer le pois du Cap. L’offre chute et la qualité aussi. Mais devant la loi de l’offre et de la demande, les prix au producteur grimpent actuellement à 1 800 Ar/kg à Toliara, contre 500 à 600 Ar auparavant. L’écart de tri est pourtant plus important, soit 40%. Il était à 30% des années plus tôt. Cette fois aussi, le problème est du côté du changement climatique avec ses lots de saison des pluies retardée, de pluviométrie insuffisante ou trop abondante, de sécheresse répétée, etc. « Si le pays continue à ce rythme, c'est-à-dire que si les uns continuent à brûler la brousse et les forêts et que les autres n’ont pas une stratégie claire et efficace pour en venir à bout de ces problèmes, le changement climatique détruira l’économie nationale », président nos interlocuteurs.

Outre les produits d’exportation, ce problème affecte aussi la production vivrière et menace ainsi la sécurité alimentaire déjà précaire pour la plupart des Malagasy. Selon le Programme d’action national d’adaptation au changement climatique (PANA), la production de paddy dans l’Alaotra-Mangoro est passée de 1,2 t/habitant en 1975 à 0,6 t à la fin des années 90. Le pays a ce PANA élaboré depuis les années 2000 mais rien de concret n’a changé depuis. L’atténuation des impacts du changement climatique se fait attendre. Or, ce programme comporte « des mesures d’adaptation urgentes et prioritaires ciblant particulièrement les 5 secteurs prioritaires suivants : l’agriculture et l’élevage, la santé publique, les ressources en eau, les zones côtières et la foresterie ».

Fanjanarivo